Election présidentielle 2017 : dates, candidats, sondages, résultat

L'élection présidentielle 2017 aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017 (dates officielles). Alors que François Hollande a renoncé à toute candidature, les candidats sont déjà nombreux. Le résultat de la présidentielle dépendra de nombreux paramètres.

► En ce moment



[Mis à jour le 16 janvier 2016 à 15h57] L'élection présidentielle 2017 a lieu dans un peu plus de trois mois et s'annonce comme un scrutin des plus tendus. L'actuel chef de l'Etat, François Hollande, a décidé de renoncer à cette présidentielle. Une primaire de la gauche va donc désigner le candidat de la majorité à la fin du mois de janvier. Manuel Valls, favori des sondages, demeure chahuté face à une multitude de candidats. Parmi eux, Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif, fait pour l'instant figure de challenger.

De l'autre côté de l'échiquier politique, la primaire de la droite a abouti à la désignation surprise de François Fillon comme candidat à la présidentielle, à la fin du mois de novembre. L'ancien Premier ministre, qui a éliminé coup sur coup Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, est devenu le favori dans les enquêtes d'opinion. Il doit désormais réorganiser le parti autour de sa campagne et se pencher sur les investitures pour les législatives.

Dans ce contexte, c'est le nom de Marine Le Pen qui est dans la bouche de tous les commentateurs. La patronne du Front national, officiellement candidate depuis le 8 février 2016, semble assurée de figurer au second tour de la prochaine présidentielle. A gauche, Jean-Luc Mélenchon semble effectuer une percée et a obtenu fin novembre le soutien du Parti communiste. Au centre, Emmanuel Macron se veut le candidat du renouveau, alors que François Bayrou ne cache désormais plus ses intentions de se présenter face à François Fillon, dont il juge le programme "dangereux.

PAGE SPÉCIALE - Linternaute.com vous propose de faire le point sur l'élection, ses sondages, ses candidats et les principaux jalons de sa campagne.

Sondages de l'élection présidentielle

► Les intentions de vote (derniers sondages)

15 janvier 2017 : Hamon favori surprise de la primaire (Harris). Selon un sondage Harris Interactive pour Atlantico, 17% des Français affirment souhaiter la victoire de Manuel Valls à la primaire de la gauche. Ils sont 16% à souhaiter celle d’Arnaud Montebourg et 12% celle de Benoît Hamon. Auprès des sympathisants de gauche, Manuel Valls obtient 29% de souhaits de victoire contre 22% pour Benoît Hamon et 17% pour Arnaud Montebourg. Mais chez ceux qui affirment souhaiter participer à la primaire, c'est Benoît Hamon qui l'emporte avec 27% des souhaits de victoire, contre 23% pour Manuel Valls et Arnaud Montebourg (et 10% pour Vincent Peillon). Lire sur le site d'Harris

14 janvier 2017 : Valls en tête des souhaits de victoire (Elabe). Selon un sondage Elabe pour BFMTV, Manuel valls est en tête des souhaits de victoire de la primaire de la gauche chez les sympathisants avec 31% de citations, devant Benoît Hamon à 25% et Arnaud Montebourg à 24%. Vincent Peillon est à 8%, devant Sylvia Pinel (5%), François de Rugy (3%) et Jean-Luc Bennahmias (1%). Chez les sympathisants PS, Arnaud Montebourg serait susceptible de finir à la seconde place, alors que Benoit Hamon est en tête chez les sympathisants de gauche non socialistes. Le résultat de la primaire dépendra donc de la participation. Lire sur le site d'Elabe

Résultats sondage Odoxa sur la présidentielle

13 janvier 2017 - Hamon et Montebourg préférés à Valls (Odoxa). Selon un sondage Odoxa pour Dentsu Consulting et France Info, les écarts se resserrent après le second débat de la primaire de la gauche. Les sympathisants de gauche interrogés avant et après le débat, sont 30% à désigner Valls dans leur souhait de victoire, contre 23% pour Arnaud Montebourg et 21% Benoît Hamon. une avance qui baisse fortement pour l'ancien Premier ministre. pire : dans les "duels de préférence", Arnaud Montebourg lui vole la vedette, que ce soit par les sympathisants de gauche (53% contre 43%), et, plus encore, par l’ensemble des Français (56% contre 36%). De même, les Français comme les sympathisants de gauche (47% contre 49%) seraient une (courte) majorité à préférer Hamon à Valls. Lire sur le site d'odoxa

12 janvier 2017 - Macron loin devant Valls, mais pas encore qualifié (BVA)

Selon un sondage BVA Salesforce pour Orange et la presse régionale,  Marine Le Pen et François Fillon font toujours la course en tête avec respectivement 25 à 26% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle pour al première et 24% pour le second. Derrière, quelles que soient les hypothèses testées, le candidat socialiste recueillerait entre 5% et 11% des voix. C’est Manuel Valls qui permettrait au PS de faire son "meilleur" score avec 11%, mais il serait devancé par  Emmanuel Macron, crédité de 16% des suffrages. jean-Luc Mélenchon est crédité de 13%, François Bayrou obtiendrait 5%. Au second tour, François Fillon surclasserait Marine Le Pen avec 63% des suffrages contre 37% . Lire sur le site de BVA

Sondage présidentielle du 11 janvier 2017 (OpinionWay)

11 janvier 2017 - Hamon en seconde position de la primaire (OpinionWay). Selon un sondage OpinionWay, la primaire de la gauche devrait attirer 1,8 à 2 millions de votants. ces derniers devraient se porter en majorité sur Manuel Valls, qui bénéficie de 40% des intentions de vote, devant Benoît Hamon à 29% et Arnaud Montebourg à 21%. Suivent Vincent Peillon à 7% devant Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias à 1% chacun. Ces résultats seraient les mêmes voire s'accentueraient si on réduisait l'échantillon aux sympathisants de gauche voire du PS. Au second tour, Manuel Valls l'emporterait à la fois sur Arnaud Montebourg (54% contre 46%) et benoît Hamon (53% contre 47%). Lire sur le site d'OpinionWay

11 janvier 2017 - Marine Le Pen en tête du 1er tour (Ifop). Selon un sondage Ifop Fiducial pour iTélé, Paris Match et Sud Radio, Marine Le Pen devancerait François Fillon au premier tour de l'élection présidentielle avec 26 à 26,5% des intentions de vote contre 24 à 25% pour le candidat LR. Emmanuel Macron est donné en troisième position (17 à 20%) devant Jean-Luc Mélenchon (11,5 à 13%). Manuel Valls (10,5% d’intentions de vote), serait distancé, comme Benoît Hamon (6%), Arnaud Montebourg (5,5%) et Vincent Peillon (2,5%) s'ils étaient sélectionnés lors le la primaire du PS. Au second tour, François Fillon battrait Marine Le Pen par 64% des voix contre 36%. Emmanuel macron, s'il se qualifiait obtiendrait une plus large victoire (65% contre 35%). Le match Macron-Fillon serait plus serré, mais à l'avantage du premier (52% contre 48%). Lire sur le site de l'Ifop

11 janvier 2017 - Fillon à quasi-égalité avec Le Pen(Harris). Dans une enquête d'image et de potentiels électoraux d'Harris Interactive pour Valeurs Actuelles, 35% des Français inscrits sur les listes électorales indiquent pouvoir aujourd’hui envisager de voter pour François Fillon, soit la même proportion que ceux qui affirment pouvoir voter pour Marine Le Pen, 13% déclarant être susceptibles de voter aussi bien pour l’un ou pour l’autre. mais chez les convaincus, Marien le Pen devance son rival : 16% des sondés disent qu'ils pourraient "certainement" voter Fillon contre 20% Le Pen. Lire sur le site d'Harris Interactive

  • *Sont comptabilisés ici tous les sondages "intentions de vote" sur la présidentielle, les primaires ou le potentiel de vote de chaque candidat, déclaré ou non. Sont exclus les enquêtes d'images, les sondages "de conviction" reliés à l'actualité ou à des émissions ou débats télévisés et les baromètres mensuels des personnalités (compilés ci-dessous).
  • Voir tous les sondages de la présidentielle

► Les cotes de popularité (compilateur)


Linternaute.com propose, depuis la rentrée 2016, un compilateur de sondages basé sur les principaux prétendants à la présidentielle, avec des données mises à jour en temps réel. Dans ce graphique interactif, vous pouvez sélectionner une ou plusieurs personnalités politiques puis observer et comparer leur cote pour chacun des instituts de sondage. Pour tenter de synthétiser ce flot de données, un "indice global" est calculé par Linternaute.com.

  • Sont affichées par défaut les cotes de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls. Sélectionnez d'autres personnalités pour afficher leur cote. Les baromètres d'octobre sont encore incomplets.

Date de l'élection présidentielle

Les dates du premier tour et du second tour de l’élection présidentielle 2017 ont été dévoilées le mercredi 4 mai 2016, en Conseil des ministres. C'est le résultat d'une décision du gouvernement, officialisée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve face à ses pairs et au président de la République François Hollande. L'élection aura bien lieu les 23 avril et 7 mai 2017, comme cela était déjà anticipé par plusieurs médias, dont Linternaute.com dans cette page. Les résultats de la présidentielle seront communiqués le soir même de chaque tour de scrutin, les dimanches 23 avril et 7 mai à 20 heures. On connaîtra alors le nom du président de la république pour les 5 prochaines années. Les dates des élections législatives ont aussi été communiquées : elles auront lieu dans la foulée de la présidentielle 2017, les 11 et 18 juin 2017. Les sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017.

Dates de la présidentielle 2017 : 

  • Premier tour : dimanche 23 avril 2017
  • Second tour : dimanche 7 mai 2017

Les dates des élections présidentielles sont généralement annoncées lors d'une communication en Conseil des ministres, suivie d'un décret, puis sont validées par le Conseil constitutionnel. La règle, fixée par l'article 7 de la constitution, est claire : l'élection présidentielle doit avoir lieu au minimum 20 jours avant l'expiration du mandat du président de la République en fonction. L'élection peut être organisée jusqu'à 35 jours avant la fin du mandat. François Hollande ayant pris ses fonctions le 15 mai 2012, celles-ci prendront fin au plus tard le 14 mai 2017 à minuit. Le premier tour ne pouvait donc avoir lieu qu'entre le 10 avril et le 24 avril 2017. Le scrutin devant être organisé un dimanche (loi du 6 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République et article L. 55 du code électoral) et le second tour "le quatorzième jour suivant le premier", seules une poignée de dates étaient envisageables : les 16 et 30 avril ou les 23 avril et 7 mai 2017. C'est la seconde option qui a été choisie.

Candidats de l'élection présidentielle

Les candidatures sont déjà en train de s'affiner et, pour certaines, sont d'ores et déjà confirmées par le biais d'une victoire aux primaires.


EN IMAGES - Tous les candidats possibles, probables, déclarés 

Candidats de l'élection présidentielle 2017

Candidat de la droite : François Fillon

  • CONTEXTE - A l'UMP, devenue Les Républicains début juin 2015, une primaire ouverte au centre a été organisée les 20 et 27 novembre 2016. Le candidat choisi à la primaire de la droite, François Fillon, est devenu le chef du parti selon les règles fixées et mènera la campagne pour l'alternance. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy s'est imposé face à Alain Juppé avec respectivement 66,5% contre 33,5% des voix.
Fra,çois Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle
François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle. © Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

François Fillon s'est imposé à deux reprises, avec une large avance au premier comme au second tour, lors de la primaire de la droite et du centre fin 2016. L'ancien Premier ministre a notamment éliminé Nicolas Sarkozy dès le premier tour, en rassemblant 44,1% des suffrages le 20 novembre 2016, puis a surclassé Alain Juppé au second tour, le 27 novembre 2016, avec 66,5% des suffrages. Jusqu'aux tout derniers jours de la campagne, il était donné au mieux comme un challenger du duo Juppé-Sarkozy, au pire comme largement distancé dans les sondages. Quelques jours à peine après la surprise Trump lors de l'élection américaine, il est ainsi parvenu à déjouer tous les pronostics. Le programme de François Fillon se veut "radical", voire "difficile", il serait "à prendre ou à laisser" selon les propres termes du candidat. Ouvertement libéral et conservateur, il vise à "libérer l'économie, restaurer l'autorité de l'État et affirmer les valeurs de la France", d'après son auteur.

Les candidats perdants

Grand favori durant presque 2 ans, Alain Juppé s'est effondré face au raz-de-marée François Fillon, obtenant 28,6% des suffrages au premier tour et 33,5% au second. Le maire de Bordeaux s'est mis en retrait de la campagne, même s'il a officiellement apporté son soutien à François Fillon. Nicolas Sarkozy, élu à la tête du parti avec 64,5 % en novembre 2014, n'a obtenu que 20,7% des voix au premier tour. Lors d'un discours au soir de sa défaite cinglante, apportant lui aussi son soutien à François Fillon, il a esquissé un retrait de la vie politique.

Nathalie Kosciusko-Morizet n'a recueilli que 2,6% des suffrages, elle a tout de même fait mieux que Bruno Le Maire, qui, avec 2,4% des voix, a complètement perdu son pari de s'imposer dans le trio de tête. Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et député LR des Yvelines, a profité des primaires pour se faire connaître. Il a recueilli 1,4% des suffrages, et a terminé devant Jean-François Copé (0,3%).

Les candidats dissidents

Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, s'était lui aussi déclaré candidat à la primaire le 13 juin 2016 sur France Inter, souhaitant incarner la ligne "gaulliste" lors de ce scrutin. Mais faute de parrainages, il a décidé de tirer un trait sur la primaire et de se déclarer directement candidat à l'élection présidentielle. L'annonce a été faite le 9 septembre 2016, lors d'une conférence de presse. Et une autre dissidente s'est déclarée le jeudi 8 décembre 2016 : il s'agit de Michèle Alliot-Marie. L'ancienne ministre de la Défense a confirmé à 20 Minutes qu'elle était candidate à la présidentielle avant de poster une vidéo sur le compte Twitter @EtSiCetaitM qui suscitait la curiosité depuis des semaines. Sa candidature avait été annoncée à de multiples reprises avant de se concrétiser. Fin août, elle avait expliqué qu’elle ne participerait pas à la primaire organisée par Les Républicains pour travailler directement à un "projet présidentiel". Elle a aussi lancé Nouvelle France, un nouveau parti gaulliste.

Candidats à gauche : Hollande, Valls, Montebourg, Macron...

  • CONTEXTE - Le 17 juin 2016, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a annoncé, à la surprise générale, qu'une primaire aurait bien lieu à gauche, avec l'aval du chef de l'Etat, François Hollande, qui a finalement décidé de ne pas être candidat. Le vote aura lieu les deux derniers week-ends de janvier 2017 selon les mêmes modalités que la primaire de 2011. Le dépôt des candidatures a été effectué entre le 1er et le 15 décembre et celles-ci étaient soumises à des parrainages.
Candidats de la gauche à l'élection présidentielle
Arnaud Montebourg et Manuel Valls, duel de candidats à gauche ? © Christophe Ena/AP/SIPA

François Hollande ne sera pas candidat à la primaire de la gauche, organisée en début d'année 2017, pas plus qu'à l'élection présidentielle quelques mois plus tard. L'annonce a été faite depuis l'Elysée, le jeudi 1er décembre 2016, via une allocution télévisée. "J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle", a annoncé le chef de l'Etat après avoir longuement dressé le bilan de son quinquennat et défendu son travail et ses mesures, grave, mais manifestement ému. Evoquant son "humilité", la conscience des "risques" que représentent le Front national et la division de la gauche, il a estimé qu'il n'était pas en position de fédérer autour de sa candidature. Depuis l'automne 2016, et la parution d'un livre de confidences venu parasiter son entrée en campagne, les sondages continuaient d'enfoncer le chef de l'Etat. Son renoncement constitue malgré tout une surprise qui rebat les cartes pour l'ensemble de la gauche, qui pourrait vivre dans les prochains mois une recomposition historique. Tout aussi historique que ce renoncement. Le premier d'un chef de l'Etat sortant après son premier mandat.

EN VIDEO - "J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle"

Valls candidat

Après le renoncement de François Hollande, c'est bien l'ancien Premier ministre Manuel Valls qui sera le candidat de la continuité dans cette élection présidentielle. Ce dernier a toujours laissé entendre qu'il serait candidat "à la minute" où François Hollande se retirerait. Après un délai de décense, il a annoncé sa candidature depuis son fief d'Evry, la ville dont il fut maire pendant des années et qui a entamé son ascension, le lundi 5 décembre 2016. Grand favori à gauche à deux ans de l'élection, Manuel Valls a pourtant nettement perdu de sa superbe dans les sondages depuis. L'ancien Premier ministre, qui a annoncé sa démission au lendemain de sa candidature, a validé l'idée d'une primaire qui lui sera difficile, alors qu'il semblait lui-même rétif à cette idée auparavant. En marge de la primaire de la droite, sans doute impatient de connaitre la décision de François Hollande, il avait avoué se "préparer" à une candidature et a semblé vouloir se lancer, sans même l'aval du chef de l'Etat. Un coup de pression remarqué qui a pu peser dans le choix de François Hollande et dans la suite des événements.

Les candidats frondeurs

On le sait, les rivaux déclarés ou non du président et du Premier ministre sortants sont nombreux. Martine Aubry, particulièrement critique sur la politique du gouvernement, a indiqué que 2017 ne faisait pas partie de "ses projets". L'aile gauche du PS se cherche donc un leader pour la primaire à venir. Arnaud Montebourg, qui a claqué la porte du gouvernement en août 2014, a annoncé sa candidature à la présidentielle le 21 août 2016 lors de la traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse. Il a ensuite confirmé début octobre qu'il participerait bien à la primaire de la gauche, après avoir vérifié la "sincérité" et la "loyauté" de l'organisation de ce scrutin interne. Il sera le premier à déposer officiellement sa candidature à la primaire le 1er décembre 2016, après avoir engrangé le soutien de Christian Paul, porteur de la motion B du congrès de Poitiers en 2015.

Chez les déçus du hollandisme, on trouve aussi Benoît Hamon, qui a repris sa liberté depuis son départ du gouvernement à l'été 2014 et entend bien l'exploiter. Il a annoncé sa candidature à la primaire du PS le 16 août 2016, sur le plateau du 20H de France 2, grillant ainsi la politesse à Arnaud Montebourg. Il entend incarner une "alternative" face à un président qui "ne pourra rétablir la confiance qu'il a perdue".

Pour ne pas laisser la primaire se résumer au duel de Manuel Valls et des frondeurs, Vincent Peillon s'est porté candidat le dimanche 11 décembre 2016. L'ancien ministre de l'Education, disparu des écrans radars depuis des mois, entend se poser en alternative. 

Les autres candidats de la primaire

Chez les personnalités plus ou moins proches de la majorité, qui seront candidats à la primaire via la représentation d'un parti allié, on trouve aussi le député de Loire Atlantique François de Rugy. Démissionnaire d'EELV l'été dernier, il a confirmé en juillet dans les colonnes de Ouest-France qu'il sera candidat à la primaire avec son mouvement "Ecologistes !". Jean-Luc Bennahmias, le président du Front démocrate, va lui aussi pouvoir participer. Le Parti radical de gauche (PRG), aura aussi son candidat, ou plutôt sa candidate. L'ancienne membre du gouvernement Sylvia Pinel, qui dirige désormais le PRG, a annoncé sa candidature à la présidentielle fin novembre. Elle jugeait alors la primaire de la gauche comme une "anomalie" . Mais après le renoncement de François Hollande, elle a exprimé mercredi 7 décembre son intention de rejoindre la primaire. Les instances nationales des radicaux de gauche ont validé cette nouvelle orientation le 14 décembre.

Le candidat dissident : Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle 2017
Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle. © SIPA

La candidat du Parti socialiste sera confronté à un obstacle de poids. L'ancien protégé de François Hollande, Emmanuel Macron, qui fut son conseiller à l'Elysée puis son ministre de l'Economie, s'est déclaré candidat à la présidentielle le mercredi 16 novembre 2016. Il a déjà indiqué plusieurs fois qu'il ne passera pas par la case primaire, malgré les appels insistants de Jean-Christophe Cambadélis. Candidat "anti-système" (entendez anti-parti), Emmanuel Macron souhaite incarner un optimisme nouveau, comme il l'a déclaré solennellement à Bobigny, et veut "mener une révolution démocratique". "Je veux une France qui croit en sa chance, qui est entreprenante et qui considère les plus faibles", a martelé l'ex-ministre.

Pour Emmanuel Macron, la France ne pourra pas répondre aux défis du XXIe siècle "avec les mêmes hommes et les mêmes idées". L'ancien ministre de l'Economie entretenait un faux suspense depuis depuis, sans cacher ses ambitions. Après le lancement de son mouvement "En Marche !" en avril 2016, l'ancien conseiller de François Hollande à l'Elysée a accéléré : à la fin du mois d'août, il a quitté le gouvernement "pour se consacrer entièrement à son mouvement politique" ; début octobre, il a tenu une série de réunions publiques pour établir son "diagnostic" de l'état de la France ; le 8 novembre 2016, ses proches assuraient quasi-officiellement qu'il serait bien candidat à la présidentielle, une information confirmée en huit jours, donc.

Dans l'Obs début novembre, Emmanuel Macron déclinait un début de programme, avant même de se déclarer candidat : "vraie autonomie pédagogique" pour les établissements scolaires, fin des 35 heures chez les jeunes et  réduction du temps de travail pour les seniors, modulation de l'âge de départ en retraite selon les parcours, réforme de l'allocation chômage pour notamment prendre en compte les indépendants, gestion directe de l'Unédic par l'Etat, ce qui mettrait de côté les partenaires sociaux...

Candidate du FN : Marine Le Pen

Marine Le Pen candidate à l'élection présidentielle.
Marine Le Pen candidate à l'élection présidentielle. © Christophe Ena/AP/SIPA

Reconduite par un plébiscite à la fin novembre 2014 à la tête du FN et auréolée de sa percée aux dernières élections locales, Marine Le Pen semble lancée vers une qualification au second tour de la présidentielle en 2017. La présidente du Front national s'est officiellement portée candidate le 8 février 2016 sur TF1. Elle est ainsi devenue le premier ténor à se lancer dans la bataille. Les succès de son parti aux municipales puis aux européennes, au Sénat, et enfin aux départementales et aux régionales en 2015, où le Front national a démultiplié le nombre de ses élus (sans pourtant prendre un seul exécutif local), inquiètent ses adversaires au plus haut point.

La "dédiabolisation" du FN désormais acquise, il faudra désormais gagner une légitimité, notamment économique, seul moyen de percer ce "plafond de verre" qui empêche jusqu'à présent le FN de concrétiser ses excellents scores au premier tour des élections. La stratégie du FN, basée sur une poignée de propositions chocs (sortie de l'euro, la réduction drastique de l'immigration, la priorité aux Français dans les prestations et la santé ou encore la tolérance zéro sur la sécurité), est désormais ancrée dans le paysage politique. Mais elle semble en contrepartie moins "imprimer" dans l'opinion depuis le début d'année 2016, où les sondages sont plus mitigés. En débutant un tour de France en 2016, Marine Le Pen a entamé une cure médiatique pour mieux se relancer et peaufiner un programme qui est encore en rodage. Le 16 novembre 2016, elle est sortie de cette parenthèse pour participer à l'émission "Une ambition intime" sur M6, commenter la primaire de la droite et fustiger son nouvel adversaire François Fillon, inaugurer son local de campagne, juste à côté de l'Elysée, et dévoiler son logo : une rose bleue (photo).

Candidat du centre : François Bayrou ?

François Bayrou, futur candidat à la présidentielle ?
François Bayrou, futur candidat à la présidentielle ? © Henri Collot/SIPA

Au centre de l'échiquier politique, la situation des candidatures semble encore des plus floues. Le président du MoDem, François Bayrou, soutenait Alain Juppé tout en restant en dehors de la primaire de la droite, qu'il a vertement critiquée. Une fois le résultat dévoilé, le maire de Pau a déclaré publiquement que le programme de François Fillon, vainqueur de cette primaire, était "dangereux". Il pourrait donc de nouveau concourir, comme il l'a rappelé sur France 2 fin 2015. Il deviendrait alors le "doyen de l'élection", celui qui a le plus participé à la présidentielle parmi les candidats en lice. Dans une interview mi-juillet 2015 à Valeurs Actuelles, il se voyait d'ailleurs comme "l'un des quatre qui peuvent gagner" en 2017. Il ne cesse depuis de s'avancer à petits pas vers une candidature.

François Bayrou a sans doute perdu l'un de ses plus fidèles lieutenant pour cette bataille. Le député centriste des Pyrénées Jean Lassalle s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, à la surprise générale, le 17 mars 2016. Invoquant "humilité et enthousiasme", celui qui s'est "mis en congé volontaire" du MoDem entend représenter une France rurale. Éloigné des orientations stratégiques actuelles de François Bayrou, il estimait que "rien n’empêchera" ce dernier "de [le] rejoindre au mois de décembre, quand il en aura fini avec Alain Juppé".

Qui d'autre au centre ?

A l'UDI (Union des Démocrates et indépendants), les liens avec Les Républicains, alliés des dernières départementales et régionales, reste flou. Le mouvement avait finalement décidé, en mars 2016, par un vote des militants, de ne pas s'associer à la primaire de la droite. Mais son patron Jean-Christophe Lagarde avait tout de même invité les centristes à aller voter à la primaire. Côté soutiens, ce fût la pagaille : 600 élus de la formation centriste avaient apporté leur soutien à Alain Juppé dans une tribune. Hervé Morin (Nouveau Centre) et Yves Jégo (Parti radical) pour leur part avaient préféré soutenir Bruno Le Maire. Le premier a ensuite opté pour François Fillon, le second pour Alain Juppé. Quant au député Maurice Leroy (Nouveau Centre), il avait choisi Nicolas Sarkozy.

A l'issue de la primaire, Jean-Christophe Lagarde, qui avait soutenu Alain Juppé à la primaire de la droite, a reconnu que François Fillon était désormais le "candidat légitime" des centristes. Mais les discussions pour les législatives s'annoncent animées. Hervé Morin a prôné un retrait du Nouveau Centre de l'UDI et la construction d'un mouvement centriste "pilier de la majorité" à l'avenir. Comprendre : totalement "pro-Fillon". Début décembre, il a finalement trouvé un accord avec Lagarde pour intégrer la délégation de centristes de l’UDI qui négociera avec François Fillon un pacte programmatique et législatif. Reste que de nombreux militants centristes, y compris à l'UDI, ont préféré de leur côté soutenir Emmanuel Macron...

Dans ce brouillard aux multiples couches, Rama Yade, ancienne membre du Parti radical et de l'UDI (dont elle a été exclue à la rentrée 2015), s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle le 21 avril 2016 (date symbolique). Désormais sans mandat et sans parti, elle se voit comme la représentante du "recours" et opte pour une campagne "ni de droite, ni de gauche". Elle aurait le soutien de l'Alliance écologiste, le Parti libéral démocrate, le rassemblement éco-citoyen, le Cercle de la diversité et Démocratie 21. Depuis la victoire de François Fillon, elle se présente comme la vraie candidate des centristes... Suffisant pour avoir les 500 signatures d'élus pour se présenter au scrutin d'avril et mai 2017 ?  Affaire à suivre.

Candidat d'Europe Ecologie-Les Verts : Yannick Jadot

Yannick Jadot candidat EELV à l'élection présidentielle
Yannick Jadot candidat EELV à l'élection présidentielle. © CHAMUSSY/SIPA
  • CONTEXTE - Chez les Verts, le principe d'une primaire avec le PS a été accepté sans grand enthousiasme, lors d'un conseil fédéral le 10 avril 2016, puis abandonné. Une primaire d'Europe Ecologie-Les Verts a été organisée entre le 19 octobre et le 6 novembre 2016, via un vote à distance. Surprise, Cécile Duflot a été éliminée dès le premier tour et c'est Yannick Jadot qui l'a emporté.

C'est l'eurodéputé Yannick Jadot qui représentera EELV lors de l'élection présidentielle 2017. Ce dernier, ancien de Greenpeace, a obtenu 54,25 % des voix lors du second tour du vote interne, organisé à distance. Il était opposé à Michèle Rivasi, ancienne de Greenpeace, et députée européenne elle aussi. Yannick Jadot avait annoncé sa candidature à la primaire EELV à la mi-juillet 2016, dans un courrier envoyé au conseil fédéral du parti. Co-fondateur d'Europe Ecologie en 2009, il disait alors son souhait de "rassembler le courant écologiste" lors de l'élection suprême. Il vise désormais "un score à deux chiffres" à la présidentielle et met de côté toute alliance avec le PS à l'issue du scrutin.

Principale figure écologiste, ancienne ministre, Cécile Duflot a quant à elle été éliminée dès le premier tour de la primaire du parti. Selon les résultats dévoilés le 19 octobre 2016. Elle n'a obtenu que 24,41 % des quelques 12 000 suffrages et fini loin derrière les deux finalistes, Yannick Jadot (35,61 %) et Michèle Rivasi (30,16 %). Cécile Duflot avait  longtemps hésité, mais s'était finalement déclarée candidate à la primaire EELV le 20 août 2016 dans un courrier adressé aux adhérents du parti écologiste. Sa défaite prouve qu'elle n'a pas réussi à imposer son leadership à des écolos très divisés. Karima Delli, jeune députée européenne de 37 ans, ancienne membre du collectif "Jeudi noir", qui s'était lancée via un communiqué daté du 23 août, a elle aussi été éliminée avec 9,82 % au premier tour.

Quant à Nicolas Hulot, il a refusé de participer à la primaire EELV et a indiqué le 5 juillet 2016 qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle. Le grand perdant de la primaire de 2011 face à Eva Joly, qui était crédité dans les sondages d'un score entre 9 et 11% des intentions de vote, avait annoncé sur Twitter le fruit d'une mûre réflexion "personnelle", avec moult consultations. Beaucoup d'écologistes (dans et hors EELV, dont Cécile Duflot) poussaient pourtant l'ancien animateur de télévision à se lancer dans la course.

Candidat du Front de gauche : Jean-Luc Mélenchon

  • CONTEXTE - Début janvier 2016, plusieurs personnalités de gauche lançaient un appel à une grande primaire pour 2017. Une initiative assez bien accueillie par plusieurs candidats potentiels, comme Pierre Laurent et Cécile Duflot, beaucoup moins par d'autres, comme Jean-Luc Mélenchon (qui lui a opposé une fin de non recevoir). Cette primaire à gauche n'aura donc pas lieu.
Jean-Luc Mélenchon candidat à l'élection présidentielle
Jean-Luc Mélenchon,  candidat à la présidentielle et Pierre Laurent. © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Au Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris tous ses adversaires et même ses partenaires par surprise en se déclarant officiellement candidat à la présidentielle le 10 février 2016 sur TF1. Au grand dam de ses alliés du Front de gauche, le PC en premier lieu, qui ont ouvertement regretté que le chef du Parti de gauche ne joue pas "collectif". Mais sa campagne pour la "France insoumise" débute bien, boostée par l'opposition à la loi Travail, la "chienlit" de la gauche de gouvernement, et la percée d'une droite dure, incarnée à la fois par François Fillon et Marine Le Pen. Le hérault du Parti de gauche dispose depuis le printemps 2016 de sondages flatteurs (entre 12 et 16 % des intentions de vote) et dépasse même le candidat de la gauche dans beaucoup d'entre-eux (lire ci-dessus). Reste pour lui à obtenir les 500 signature. Une gageure.

Mais dans ce combat, Jean-Luc Mélenchon a déjà gagné une bataille clé : il a réussi à être soutenu par le PCF, encore gros pourvoyeur de militants et d'élus. Le Secrétaire national du PC Pierre Laurent, inquiet de la multitude de candidatures à la gauche du PS, avait appelé son parti à soutenir le frère ennemi dès la fin octobre. Lors d'un vote le 5 novembre 2016, les cadres du PCF s'y étaient fermement opposés, votant à une large majorité pour une candidature communiste. Mais l'alliance entre le PCF et le candidat de "La France Insoumise" a finalement été actée par les 50 000 militants du PC qui ont donné leur avis à leur tour, à la fin du mois de novembre. Après des européennes calamiteuses et des départementales et régionales difficiles, ils ont décidé de gommer les tensions, votant à 53,6% pour le soutien à Mélenchon. C'est donc, à quelques détails près, à un retour du "Front de gauche" (Parti de gauche + PCF) que l'on assiste, avec le député européen à sa tête.

Les autres candidats

A DROITE, l'ancien député UMP et fondateur de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, s'est lancé dans la course sur TF1 le 15 mars 2016. "Je suis candidat parce que je suis certain que notre pays peut s’en sortir s’il change de politique, si on change de personnel politique. Depuis des années, une minorité gouverne contre la majorité silencieuse des Français." Il  tente ainsi une troisième candidature à l'élection suprême et synthétise ses motivations dans un livre : "France, lève-toi et marche" (Fayard).

Le scénario (encore assez fou) d'une candidature de droite issue de la société civile a aussi fait son chemin. En novembre 2015, l'Express croyait savoir que l'ancien conseiller et journaliste Patrick Buisson, le polémiste Eric Zemmour et l'ancien ministre Philippe de Villiers étaient en train de se concerter pour "dynamiter l'offre politique en 2017", notamment en mettant en avant les thématiques identitaires. Dans un sondage Ifop début novembre 2015, 21% des Français estimaient que le retour de Philippe de Villiers serait utile à la politique. Mais celui-ci a fermé la porte aux spéculations. A la mi-octobre 2016, en marge de la sortie d'un livre choc sur "l'islamisation de la France", Philippe de Villiers a rejeté tout projet politique : "C'est devenu du marketing. La métapolitique a plus d'influence que la politique", a-t-il indiqué à Audrey Crespo-Mara sur LCI. "Priorité à la nouvelle génération", a continué l'ancien ministre qui a exprimé sa préférence pour Marion Maréchal-Le Pen, une "fille qui a des conviction, courageuse et talentueuse".

A GAUCHE, on pourrait donc retrouver les exclus de la primaire de la gauche, jugés indésirables par le Parti socialiste. Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Bastien Faudot (Mouvement républicain et citoyen) et Sébastien Nadot (Mouvement des progressistes), ne se sont pas encore exprimés sur leurs intentions.

A l'extrême gauche, Philippe Poutou a de nouveau été désigné candidat par le NPA le 20 mars 2016. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) s'est quant à elle déclarée candidate à la mi-mars 2016.

Qui d'autre ?

Ovni de la politique française depuis plusieurs années, Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) s'est de nouveau déclaré candidat à l'élection présidentielle à la mi-avril 2016. Il s'agira de sa sixième présidentielle. Christian Troadec, ancien porte-parole des Bonnets rouges et ancien maire de Carhaix, en Bretagne, a annoncé sa candidature à la présidentielle le 8 avril 2016. Des candidatures issues du Parti ouvrier indépendant et de Chasse, pêche, nature et tradition, si elles n'ont pas été concrétisées en 2012, sont toujours possibles en 2017. Gérard Schivardi est déjà en lice. Comme François Asselineau, président de la très à droite Union Populaire Républicaine, pour qui la France doit sortir de l'Union européenne, de l'euro et de l'Otan. Ils ont été rejoints par Alexandre Jardin, le médiatique écrivain, fondateur de l’association "La Maison des citoyens" et du mouvement "Bleu Blanc Zèbre", s'est porté candidat le 3 décembre 2015. On peut aussi évoquer Stéphane Guyot, qui est le candidat de l’association “Les Citoyens du Vote Blanc”. Plus d'une vingtaine d'autres "petits candidats" pourraient se lancer, avec des chances minimes d'obtenir les 500 signatures nécessaires.

Règles de l'élection présidentielle

L'élection présidentielle est une élection au suffrage universel direct depuis 1965 en France. Cette date ne correspond cependant pas la première élection présidentielle de la Ve République, puisqu'en 1958, le Général de Gaulle était le dernier président de la République à être élu au suffrage indirect. Les articles 6, 7 et 58 de la Constitution française fixent les modalités de ce scrutin clé, détaillées par une loi de 1962, l'article LO-127 du code électoral et une loi d'avril 2011 abaissant à 18 ans l'âge minimum de candidature au lieu de 23 auparavant. Depuis 2000 et l'introduction du quinquennat, l'élection présidentielle élit le président de la République pour une durée de 5 ans contre 7 auparavant. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le président ne peut pas être élu plus de deux fois consécutivement.

Dans les règles, l'élection présidentielle est une élection au "suffrage universel uninominal direct". Tous les électeurs de nationalité française, de plus de 18 ans, inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre de l'année précédant l'élection et jouissant de tous leurs droits civils et politiques sont invités à y participer. Les mêmes obligations s'imposent à ceux qui veulent être candidats. Mais de nombreuses autres règles s'imposent aussi à eux.

Le financement de la campagne des candidats est limité. Il ne doit pas dépasser un plafond de 16,851 millions d'euros. Ces règles sont contrôlées par le Conseil constitutionnel (gestion des candidatures, publication de la liste des candidats, proclamation des résultats et de l'identité de l'élu le cas échéant au JO) et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (surveillance des comptes de campagne, validation du remboursement d'une partie des frais par l'Etat le cas échéant sous certaines conditions).

Le temps de parole des candidats est aussi encadré selon des modalités qui ont évolué récemment. Début avril 2016, une loi a en effet été adoptée pour modifier les règles modification lors de la "pré-campagne" ou "période transitoire". Une période d'une vingtaine de jours entre la publication de la liste officielle des candidats et le lundi précédant de deux semaines le premier tour de scrutin. Lors de ce laps de temps, les règles de temps de parole sont modifiées pour passer du "principe d'égalité" à celui "d'équité". Ce implique que les candidats ayant déjà obtenu des scores importants aux précédentes élections disposent de plus de temps que les candidats inconnus ou ayant récolté de plus faibles scores.

Autre règle : les candidats doivent avoir obtenu 500 "parrainages" d'élus (maires) sur les deux tiers du territoire pour pouvoir se présenter. Une règle qui fera l'objet de plus de transparence pour l'élection. Une publication des parrainages des candidats sera mise en place en 2017, pour que les citoyens soient informés de l'éventuel soutien de leur maire à un candidat. Le Conseil constitutionnel publiera une liste complète et actualisée des parrainages de chaque candidat pour éviter les parrainages "fantômes". Auparavant seuls 500 parrainages étaient publiés. Les candidats auront jusqu’au 17 mars 2017 pour transmettre leurs parrainages. la liste complète sera disponible le 20 mars.

Dernière règle importante : les candidats doivent transmettre une déclaration de situation patrimoniale pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. Jusqu’à présent, seul le patrimoine du candidat élu était rendu public à l’issue du scrutin. mais en octobre 2016, le nouveau président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius a indiqué que toutes les déclarations de patrimoine des candidats seront désormais publiées avant le 1er tour par la Haute Autorité de la transparence de la vie publique.

Résultat de la présidentielle

C'est le candidat ayant obtenu la majorité absolue (50 % des voix ou plus) au premier tour qui remporte l'élection présidentielle. Si aucun candidat n'obtient cette majorité, une nouvelle élection est organisée à la majorité simple. Peuvent alors participer au second tour les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Le résultat de la présidentielle est proclamé par le Conseil constitutionnel avant communication des résultats par le ministère de l'Intérieur, mais les premières estimations des instituts de sondages sont autorisées à partir de 20 heures, quand l'ensemble des bureaux de vote ont été fermés à travers la France. Le but de cet embargo jusqu'à 20 heures : ne pas influencer les derniers votants qui pourraient modifier leur choix dans l'isoloir en fonction des premières estimations livrées.

La règle concernant la publication des résultats de la présidentielle est de plus en plus mise à mal avec le développement d'Internet et des réseaux sociaux. Dès 18 heures, des estimations circulent donc dans les rédactions et fuitent parfois dans les médias étrangers, notamment en Belgique, sur des sites qui ne sont pas soumis à la législation française. Le résultat de la présidentielle 2012 avait fait l'objet de nombreux messages codés sur le réseau social Twitter. De quoi amener le législateur à réfléchir à de nouvelles règles ou à un horaire de fermeture commun des bureaux de vote. Début octobre 2016, le nouveau président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius a ainsi indiqué que les bureaux de vote fermeront à 19 heures au lieu de 18 heures pour les précédents scrutin. une dérogation reste possible pour pousser le vote jusqu'à 20 heures, ce qui interdira toute communication concernant les résultats avant cette heure. 2 000 délégués seront désignés par le Conseil début février, parmi les magistrats judiciaires ou administratifs, pour contrôler le bon déroulement du vote.

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 était le suivant :

PREMIER TOUR - François Hollande (PS) : 28,63 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 27,18 % ; Marine Le Pen (FN) : 17,90 % ; Jean-Luc Mélenchon (FG) : 11,10 % ; François Bayrou (MoDem) : 9,13 % ; Eva Joly (EELV) : 2,31 % ; Nicolas Dupont-Aignan (DLR) : 1,79 % ; Philippe Poutou (NPA) : 1,15 % ; Nathalie Arthaud (LO) : 0,56 % ; Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : 0,25 % ; Abstention : 20,52 %.

SECOND TOUR - François Hollande (PS) : 51,64 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 48,36 % ; Abstention : 19,65 %.

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