Election présidentielle 2017 : dates, candidats, sondages, résultat

L'élection présidentielle 2017 aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017 (dates officielles). Les candidatures sont déjà déclarées, les couteaux aiguisés. Le résultat de la présidentielle dépendra d'un long combat et de nombreux paramètres.

[Mis à jour le 22 août 2016 à 16h50] L'élection présidentielle 2017 a lieu dans huit mois... Et déjà, elle se prépare dans les différents états-majors politiques. Avec la préparation de la primaire Les Républicains (ex-UMP) et désormais de la primaire du PS, la pré-campagne est désormais bel et bien lancée. Dans un climat extrêmement tendu, avec un contexte économique, social et sécuritaire critique, où la légitimité des dirigeants quels qu'ils soient est de plus en plus contestée, la chronique des stratégies, des manoeuvres, des petites phrases et des peaux de bananes est déjà quotidienne. C'est pourquoi Linternaute.com vous propose de faire le point sur l'élection, ses sondages, ses candidats, ses déclarations clés, sa campagne.

L'élection présidentielle 2017 devrait être un scrutin des plus tendus. A gauche, François Hollande, qui semble battu selon les résultats des sondages successifs sur cette présidentielle, lie sa candidature à une baisse du chômage en 2016. Il devrait affronter une primaire à gauche pour 2017, mais aussi une candidature écolo comme à la gauche de son parti. A droite, malgré une "union nationale" de courte durée et une relative entente avant les élections régionales 2015, les tensions sont redevenues palpables et donnent lieu désormais à un combat déjà virulent en vue de la primaire prévue en novembre. Alain Juppé semble le favori des sondages, mais Nicolas Sarkozy croit encore en ses chances, malgré un retour en demi-teinte. Au FN, dans ce contexte, c'est le nom de Marine Le Pen qui est dans la bouche de tous les commentateurs. La patronne du Front national, officiellement candidate depuis le 8 février 2016, semble assurée de figurer au second tour de la prochaine présidentielle. Au centre, François Bayrou ne cache désormais plus ses intentions de se présenter si l'élection devait faire intervenir les mêmes acteurs qu'en 2012, à savoir François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Sondages de l'élection présidentielle*

19 juillet 2016 : Hollande en tête des personnalités que les Français ne veulent pas voir élue (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour Atlantico, François Hollande est la personnalité que les Français souhaitent le moins voir réélue à la Présidence de la République. Ils sont 73% à se prononcer contre sa réélection, devant Nicolas Dupont-Aignan et Cécile Duflot à 68% d'avis négatifs. Suivent Nicolas Sarkozy (66%), Jean-Luc Mélenchon (64%) et Marine Le Pen (63%). Alain Juppé semble tirer son épingle du jeu puisqu'il est le seul politique à obtenir une minorité d'opposition à son élection. 42% des sondés ne souhaitent pas que le maire de Bordeaux soit élu, contre 58% déclarant ne pas être totalement opposé à son élection éventuelle. Lire sur le site de l'Ifop

13 juillet 2016 : Sarkozy progresse (BVA)

Selon un sondage BVA-Salesforce pour Orange et la presse régionale, Alain Juppé est toujours le favori de la présidentielle. Le maire de Bordeaux est crédité de 36 % des suffrages, loin devant Marine Le Pen à 28 %. Mais si le candidat de la droite était Nicolas Sarkozy, il récolterait 23 % des suffrages, en hausse de deux points. BVA fait remarquer que l’ancien chef de l’Etat est testé aux côtés de François Bayrou, contrairement à l’hypothèse "Alain Juppé". Le président du Modem serait crédité de 13 %. Marine Le Pen gagne elle aussi des points avec un score comprise entre 28 et 29% si Nicolas Sarkozy était son adversaire à droite. François Hollande arriverait toujours en 3e position, à 13,5%, et serait alors à  égalité avec Jean-Luc Mélenchon, en léger repli. Lire sur le site de BVA

11 juillet 2016 : Macron en perte de vitesse (Odoxa)

Selon un sondage d’Odoxa pour Le parisien-Aujourd’hui, Emmanuel Macron voit sa cote de popularité chuter perdant 11points depuis octobre 2014. Son mouvement lui-même, "En Marche !" est en chute de 6points, avec 32% de soutien. 52% des Français pensent par ailleurs que le ministre de l’Economie devrait quitter le gouvernement. Enfin, son éventuelle candidature ne crée pas l’excitation escomptée : seuls 36% des sondés se disent favorables à le voir concourir. Ils sont d’ailleurs plus nombreux chez les sympathisants de droite (53%) qu’à gauche (30%). Lire sur le site d’Odoxa

6 juillet 2016 : Juppé devant Sarkozy, mais attention à la mobilisation (Ipsos)

Selon un sondage Ipsos / Sopra Steria pour le Cevipof et le Monde, Alain Juppé l’emporterait lors de la primaire de la droite chez toutes les catégories d'électeurs potentiels. Ipsos en a défini trois: les "systématiques", certains d'aller voter, les "réguliers" qui se sont dit certains d'aller voter dans les trois quart des sondages et les "intermittents" encore indécis. Le maire de Bordeaux devancerait ses concurrents de 40% chez les premiers, 34% chez les seconds et 39% chez les derniers. Mais l'écart se resserre chez les "systématiques" et encore plus chez les intermittents puisque Nicolas Sarkozy y obtient 33% d'intentions de vote. Lire sur le site d'Ipsos

6 juillet 2016 : rejet des candidats de 2012 (Harris)

Selon un sondage Harris Interactive pour Marianne, un quart des Français souhaite qu’aucun des candidats de 1er tour en 2012 ne se représente en 2017 avec un rejet particulier pour François Hollande et Nicolas Sarkozy. Les sondés sont 84% à s'opposer à une réédition du 2e tour de la précédente présidentielle. 38% des sondés sont favorables à une candidature de Marine Le Pen. Les nouveaux candidats tel Alain Juppé n'ont pas la cote eux non plus : 53% des sondés sont opposés à une candidature d'Alain Juppé, 62% à Nicolas Hulot et 65% à Emmanuel Macron. Lire sur le site d'Harris

4 juillet 2016 : Juppé en tête du 1er tour de la primaire, Sarkozy remonte (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour Atlantico, Alain Juppé est toujours en tête du premier tour de la primaire LR avec 35% d'intentions de vote. Nicolas Sarkozy reste en seconde position, mais avec un écart qui se réduit, avec 28% des voix, devant Bruno Le Maire et François Fillon avec 13% et 11% des voix. Nathalie Kosciusko-Morizet est distancée, avec 4% des suffrages, tout comme Nadine Morano (2%). Au second tour, Alain Juppé s'imposerait avec 60% des voix contre 40% pour Nicolas Sarkozy. Lire sur le site de l'Ifop

1er juillet 2016 : Sarkozy grignote son retard (TNS)

Selon un sondage TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro, LCI et RTL, la primaire de la droite et du centre pourrait réunir 2,6 millions de votants soit 6% des Français. Ces derniers voteraient en majorité pour Alain Juppé, qui récolterait 37% des suffrages au premier tour et 61% au second, selon les intentions de vote. Le maire de Bordeaux devance ainsi Nicolas Sarkozy qui recueillerait 30% des suffrages le 20 novembre et 39% le 27. Mais Nicolas Sarkozy rattrape un peu son retard avec seulement 7 points d'écart au premier tour désormais contre 12 en mai. Bruno Le Maire troisième avec 15% des voix, distançant François Fillon (8%), Nathalie Kosciusko-Morizet (3%), puis Henri Guaino et Nadine Morano (2%). Aucun des 6 autres candidats déclarés ne dépasserait les 1%. Lire sur le site de TNS

1er juillet 2016 : des critiques contre la primaire de la droite (Odoxa)

Selon un sondage Odoxa pour iTélé et Paris Match, 64% des Français estiment que la primaire de la droite divise le parti Les républicains et «n’est pas équitable entre tous les candidats». Ils sont 61% à craindre les divisions chez les sympathisants de droite et 55% à juger le processus de désignation inéquitable. 29% des sympathisants vont jusqu’à affirmer que la primaire "favorise Nicolas Sarkozy". Les sondés sont d’ailleurs 58% à estimer que "les candidats de la primaire puissent se démarquer des propositions que le parti Les Républicains va adopter lors de sa convention nationale". Lire sur le site d’Odoxa

30 juin 2016 : Sarkozy remonte ! (Elabe)

Selon un sondage Elabe pour l'Opinion, Nicolas Sarkozy "retrouve de l’oxygène" en vue du premier tour de la primaire LR. L'ancien chef de l'Etat est crédité de 29% d'intentions de vote, en hausse de 6 points, mais reste devancé par Alain Juppé avec 39% des voix (-2 points). Bruno Le Maire (12%) est juste devant François Fillon (11%). Au second tour, Alain Juppé semble conserver le statut de favori, mais l'écart se resserre là encore avec Nicolas Sarkozy. Le maire de Bordeaux obtiendrait 59% des suffrages, en baisse de 5 points par rapport à la vague précédente, contre 41% pour Nicolas Sarkozy (+5). Lire sur le site d'Elabe

29 juin 2016 : à droite comme à gauche, on s'affranchit de la primaire (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour Atlantico, les sympathisants du PS  affirment à 66% être prêts à voter à la présidentielle pour un candidat "qui ne se serait pas présenté à la primaire" et même 63% pour un candidat qui aurait été battu et déciderait de se présenter quand même. Moins de 10 % tient absolument à respecter le processus. A droite, le phénomène s'accentue avec 74% des sympathisants qui pourraient voter pour un candidat non labellisé, et  70% qui affirment qu’ils pourraient voter au premier tour de l’élection présidentielle pour un candidat de droite qui aurait été battu à la primaire mais qui se présenterait malgré tout. Lire sur le site de l'Ifop

26 juin 2016 : Sarkozy en tête au 1er tour de la primaire (Odoxa)

Selon, un sondage Odoxa pour BFMTV, Le parisien-Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy passerait devant Alain Juppé au premier tour de la primaire de la droite. Alors que plus d’un Français sur quatre (27%) souhaite y participer, le maire de Bordeaux, qui chute lourdement de 5 points, reste favori pour 38% des sondés contre 26% pour l’ancien chef de l’Etat, en hausse de 4 points. Mais chez ceux qui disent qu’ils iront voter, les intentions de vote donnent l’ancien chef de l’Etat en tête pour la première fois, à 34% contre 32%. Bruno Le Maire reste troisième et François Fillon quatrième, en stagnation. Lire sur le site d’Odoxa

24 juin 2016 : Hollande rejeté avant même l’élection (Odoxa)

Selon un sondage Odoxa pour iTélé, François Hollande est toujours rejeté par les Français en vue de 2017, 85% d’entre eux déclarant disant ne pas vouloir qu’il soit de nouveau candidat, dont 68% de sympathisants de gauche. L’institut de sondages souligne néanmoins qu’ "aucun candidat à gauche ne suscite un réel désir chez les Français. Seule Martine Aubry suscite l’envie d’un sympathisant de gauche sur deux". Par ailleurs "7 Français sur 10 préféreraient une candidature Macron (68%) ou Montebourg (72%) à une candidature Hollande". Lire sur le site d’Odoxa

*Sont comptabilisés ici tous les sondages sur la présidentielle, les primaires ou le potentiel de vote de chaque candidat, déclaré ou non. Sont exclus les enquêtes d'images, les sondages reliés à l'actualité et les baromètres mensuels des personnalités.

Date de l'élection présidentielle

Les dates du premier tour et du second tour de l’élection présidentielle 2017 ont été dévoilées le mercredi 4 mai 2016, en Conseil des ministres. C'est le résultat d'une décision du gouvernement, officialisée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve face à ses pairs et au président de la République François Hollande. L'élection aura bien lieu les 23 avril et 7 mai 2017, comme cela était déjà anticipé par plusieurs médias, dont Linternaute.com dans cette page. Les résultats de la présidentielle seront communiqués le soir même de chaque tour de scrutin, les dimanches 23 avril et 7 mai à 20 heures. On connaîtra alors le nom du président de la république pour les 5 prochaines années. Les dates des élections législatives ont aussi été communiquées : elles auront lieu dans la foulée de la présidentielle 2017, les 11 et 18 juin 2017. Les sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017.

Les dates des élections présidentielles sont généralement annoncées lors d'une communication en Conseil des ministres, suivie d'un décret, puis sont validées par le Conseil constitutionnel. La règle, fixée par l'article 7 de la constitution, est claire : l'élection présidentielle doit avoir lieu au minimum 20 jours avant l'expiration du mandat du président de la République en fonction. L'élection peut être organisée jusqu'à 35 jours avant la fin du mandat. François Hollande ayant pris ses fonctions le 15 mai 2012, celles-ci prendront fin au plus tard le 14 mai 2017 à minuit. Le premier tour ne pouvait donc avoir lieu qu'entre le 10 avril et le 24 avril 2017. Le scrutin devant être organisé un dimanche (loi du 6 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République et article L. 55 du code électoral) et le second tour "le quatorzième jour suivant le premier", seules une poignée de dates étaient envisageables : les 16 et 30 avril ou les 23 avril et 7 mai 2017. C'est la seconde option qui a été choisie.

Candidats de l'élection présidentielle

Les candidatures sont déjà en train de s'affiner et, pour certaines, sont d'ores et déjà déclarées par le biais d'une candidature aux primaires.

EN IMAGES - Tous les candidats possibles, probables, déclarés 

Juppé, Sarkozy, Fillon : les candidats Les Républicains

  • CONTEXTE - A l'UMP, devenue Les Républicains début juin 2015, une primaire ouverte au centre sera organisée les 20 et 27 novembre 2016. Les candidats devront tous être déclarés le 9 septembre 2016 et bénéficier du soutien de 20 parlementaires, 2 500 adhérents et 250 élus pour participer. S'il veut participer à la primaire, le président des Républicains devra démissionner de ses fonctions. Le candidat choisi à la primaire deviendra le chef du parti selon les règles fixées. La liste des prétendants n'est pas encore complète, mais beaucoup ont déjà pris position. Les leaders des "Rép" semblent toujours profondément divisés.
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Juppé, Sarkozy, Fillon, candidats à la présidentielle. © Jacques Brinon/AP/SIPA

Nicolas Sarkozy, élu à la tête du parti avec 64,5% en novembre 2014, est officiellement candidat depuis le 22 août 2016. L'annonce a été faite en quatrième de couverture d'un nouveau livre-programme, "Tout pour la France" (Plon), dans lequel il décline ses cinq priorités, à savoir la vérité, l'identité, la compétitivité, l'autorité et la liberté. Du même coup, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il quittait la présidence des Républicains pour partir "à la rencontre des Français". Il explique dans son ouvrage, à propos de sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, qu'il ne s'agit pas d'un "enjeu personnel". "Je n'ai aucune revanche à prendre, aucune querelle d'égo à régler". Depuis le printemps 2016, l'intéressé multipliait les déplacements, les discours et les sorties médiatiques. Au point que ses concurrents, comme Alain Juppé et François Fillon, le soupçonnaient de faire campagne aux frais du parti et ont saisi la haute autorité en charge du bon déroulement de la primaire. Nicolas Sarkozy a par ailleurs sorti fin janvier 2016 "La France pour la Vie" (Plon), véritable inventaire de son quinquennat et base d'une future campagne. 

Mais il devra composer avec les affaires (comptes de campagne, affaire des écoutes, Bygmalion...) et avec une popularité sur une pente dangereuse depuis la fin 2015. Il devra aussi jouer avec l'omniprésent Alain Juppé, qui s'est déclaré candidat à la primaire depuis le 20 août 2014. Le maire de Bordeaux fait aujourd'hui figure de grand favori pour cette primaire dans les sondages, comme pour l'élection. Il s'est clairement lancé dans la bataille mi-2015 avec la sortie d'une série de livres programmes. Une nouvelle vague de ces livres déferle depuis avril 2016 tandis que le maire de Bordeaux est en plein tour de France pour sa campagne.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, a déclaré le 9 mai 2014 qu'il serait candidat "quoi qu'il arrive" et ne semble pas avoir changé de ligne depuis. Il a réédité son souhait de concourir le 16 avril 2015 sur BFMTV et a sorti à la rentrée 2015 "Faire", un ouvrage présenté comme un manifeste pour 2017. Il est passé à l'offensive au printemps 2016 avec des séries de propositions ambitieuses, notamment sur l'emploi. Ce trio est complété par Bruno Le Maire, dont l'annonce de la candidature, le 23 février 2016, coïncide avec la sortie d'un livre (encore un) : "Ne vous résignez pas !" (Albin Michel). Il est lui aussi devenu un concurrent sérieux avec les 30% obtenus le 30 novembre 2014 face à Nicolas Sarkozy, lors de l'élection du président de l'UMP. Et dans les sondages, Bruno Le Maire fait déjà figure de troisième homme de la primaire, surpassant déjà largement François Fillon.

Ces quatre favoris pourraient très vite être concurrencés par une cinquième personnalité de taille chez les Républicains : Nathalie Kosciusko-Morizet s'est portée candidate, sur TF1, le 8 mars 2016, date de la Journée de internationale des femmes. Elle a également sorti un ouvrage, "Nous avons changé de monde" (Albin Michel), pour dévoiler à son tour sa vision pour la France. La rupture de l'ancienne ministre de l'Environnement avec Nicolas Sarkozy et nombre de cadres de son parti est en tout cas consommée depuis son exclusion de la direction des Républicains après ses critiques de la stratégie adoptée lors des régionales 2015.

Les challengers

Derrière ce quintet très attendu, les déclarations de candidatures se sont intensifiées début 2016. Libéré de l'épée de Damoclès qui pesait sur lui dans l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé s'est quant à lui déclaré candidat à la primaire dès qu'il a été assuré de ne pas être mis en examen. L'annonce a été faite le 14 février 2016, juste après la sortie de son livre "Le sursaut français" (Stock). Il avait été précédé de quelques jours par l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre, qui a quant à lui annoncé sa candidature à la primaire le 21 janvier 2016, dans un courrier envoyé aux maires, revendiquant porter un projet différent.

Chez les autres challengers, Nadine Morano s'est elle aussi déclarée candidate. L'eurodéputée LR l'a annoncé sur RMC le 4 septembre 2015, quelques jours avant de lancer sur France 2 que la France était "un pays de race blanche", provoquant un tollé jusque dans son camp. Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et député LR des Yvelines, a lui choisi Valeurs Actuelles le 17 septembre pour annoncer qu'il se présentait à la primaire. Il représentera la formation de Christine Boutin. Hervé Mariton, député LR de la Drôme, a officialisée sa candidature dans un entretien au Figaro le 21 septembre 2015, espérant être "la bonne surprise" de cette primaire.

Geoffroy Didier, proche de Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy s'est à son tour déclaré candidat à la primaire le 30 mars 2016, à la surprise générale. Le député-maire (LR) de Maison-Laffitte Jacques Myard s'est déclaré candidat à la primaire le 5 avril 2016 et se voit comme la voix souverainiste de ce scrutin. Enfin, Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, s'est lui aussi déclaré candidat à la primaire le 13 juin 2016 sur France Inter. Il entend incarner la ligne "gaulliste" lors de ce scrutin et prévient : s'il n'a pas les parrainages suffisants pour confirmer sa candidature, il cherchera à se présenter directement à l'élection présidentielle. Cette liste pourrait encore s'allonger. Michèle Alliot-Marie devrait, selon le Monde, se lancer elle aussi dans la course à la présidentielle. Mais l'ancienne ministre de la Défense pourrait refuser de passer par la case primaire. "MAM" pourrait se déclarer très prochainement. Elle a déjà lancé Nouvelle France, un nouveau parti gaulliste.

Ils ont jeté l'éponge

Le maire de Nice Christian Estrosi était lui aussi candidat à la primaire LR depuis le 13 mai 2014. Une candidature confirmée sur iTélé le 25 novembre 2014 puis sur LCP en mars 2015. Mais il a annoncé qu'il renonçait après sa victoire aux régionales en PACA, où il a devancé Marion Le Pen. Un autre ancien ministre a lui aussi jeté l'éponge : Xavier Bertrand, qui s'était déclaré candidat dès le 16 septembre 2012, mais s'est lui aussi retiré de la course après son élection en Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Laurent Wauquiez, élu en Auvergne, Rhône-Alpes, et bombardé par Nicolas Sarkozy à la direction des Républicains après les régionales, ne devrait pas se lancer lui non plus, lui qui craint que la primaire ne tourne à une "compétition malsaine".

Un temps évoquée, la candidature de la très populaire Christiane Lagarde, qui est depuis juin 2011 à la tête du Fonds monétaire international, a été définitivement écartée par l'intéressée qui a indiqué dans Paris Match vouloir se consacrer au FMI fin janvier 2016, avant d'être reconduite dans ses fonctions à Washington. Un sondage Harris Interactive pour La Parisienne en septembre 2015 indiquait pourtant que 50% des Français en faisaient "une bonne présidente" potentielle.

Hollande, Montebourg, Macron : les candidats du PS

  • CONTEXTE - Le 17 juin 2016, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a annoncé, à la surprise générale, qu'une primaire aurait bien lieu à gauche, avec l'aval et probablement la participation du chef de l'Etat François Hollande. Le vote devrait avoir lieu les deux derniers week-ends de janvier 2017 selon les mêmes modalités que la primaire de 2011. Le dépôt des candidatures se fera entre le 1er et le 15 décembre et celles-ci seront soumise à des parrainages.
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François Hollande et Arnaud Montebourg. © Sipa

François Hollande sera-t-il candidat à la primaire de la gauche, organisée en début d'année 2017 ? L'annonce de cette primaire par Jean-Christophe Cambadélis a mystifié les frondeurs, qui s'attendaient à un enterrement de première classe du scrutin interne et s'indignaient déjà de la candidature "automatique" du chef de l'Etat. Selon la presse, la manoeuvre de Cambadélis aurait été menée en lien direct avec le président de la République, qui semble donc désormais décidé à participer et à la primaire et même à la remporter. François Hollande compterait sur les divisions de ses adversaires et sur une campagne synonyme de séquence d'explication de son quinquennat pour s'imposer. Il pourrait annoncer sa candidature avant Noël, selon le Canard Enchaîné. Mais pour l'instant, le chef de l'Etat s'en tient à ses dernières déclarations : il a plusieurs fois indiqué qu'il ne serait candidat en 2017 que si le chômage baissait d'ici là. Un engagement réitéré sur France Inter le 19 février 2016. En attendant, le chef de l'Etat, poussé par de premiers chiffres encourageants depuis le printemps 2016, tente de défendre son bilan et explique que "ça va mieux" en France. La réforme du Travail , dernière cartouche du quinquennat qu'il qualifie "d'audacieuse", ressemble pourtant pour lui et sa majorité à un chemin de croix de plus, au milieu des critiques de la gauche.

On le sait, les rivaux déclarés ou non du président sortant sont nombreux. Martine Aubry, particulièrement critique sur la politique du gouvernement a indiqué que 2017 ne faisait pas partie de "ses projets". Mais selon des informations de RTL notamment, ses soutiens vont organiser leur propre université d'été, à Montpellier à la fin août 2016 et pourraient y convier des frondeurs. L'aile gauche du PS se cherche en tout cas un leader pour la primaire à venir. Arnaud Montebourg, qui a claqué la porte du gouvernement en août 2014, a annoncé sa candidature à la primaire le 21 août 2016 lors de la traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse. Il n'a toutefois pas de participation à la primaire de la gauche. Elle serait conditionnée, d'après son entourage, à la "sincérité" et la "loyauté" de ce scrutin interne. Lors de son discours, il n'a pas ménagé François Hollande à qui il a demandé de "bien réfléchir" à sa candidature au vue de "la faiblesse inédite et historique qui est la sienne" et de "l'intérêt supérieur du pays".

Qui pour incarner les frondeurs ?

Chez les déçus du hollandisme, on trouve aussi Benoît Hamon, qui a repris sa liberté depuis son départ du gouvernement à l'été 2014 et entend bien l'exploiter. Il a annoncé sa candidature à la primaire du PS, le 16 août 2016 sur le plateau du 20H de France 2, grillant ainsi la politesse à Arnaud Montebourg. Il entend incarner une "alternative" face à un président qui "ne pourra rétablir la confiance qu'il a perdue". Il pourrait avoir le soutien de Martine Aubry, qui le préfère à Marie Noël Lienemann, la sénatrice qui a déjà dit qu'elle se lancerait "s'il y a une primaire de gauche autour du PS ou si François Hollande décide de se présenter en tant que candidat socialiste". Une candidature à la primaire confirmée sur RFI le 20 juin 2016. Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste et grand accusateur du gouvernement, a quant à lui déclaré sa candidature sur BFMTV et RMC le mardi 21 juin 2016. Chez les outsiders, la candidature du député de la Nièvre Christian Paul, désigné chef des frondeurs lors du congrès du PS en juin 2015, reste une option, bien que peu probable.

A la gauche du PS, la crainte des divisions, qui conforterait le plan Hollande-Cambadélis, est donc palpable. Les frondeurs devraient se réunir dans les prochaines semaines pour tenter de trouver un accord pour 2017. "Nous aurons une candidature, indique l'un d'eux, au pire nous en aurons deux, mais jamais cinq ou six", assure l'un d'eux.

Les autres options jusqu'aux légitimistes

La question de la participation à la primaire du PRG, partenaire le plus tenace du gouvernement, est elle aussi posée. Alors que Jean-Michel Baylet, candidat en 2011 et nommé au gouvernement en février 2016, reste muet, la ministre de la fonction publique Annick Girardin serait disponible, comme l'ancienne membre du gouvernement Sylvia Pinel qui dirige actuellement le Parti radial de gauche. Chez les personnalités plus ou moins proches de la majorité, on trouve aussi le député de Loire Atlantique François de Rugy. Démissionnaire d'EELV l'été dernier, il a confirmé en juillet dans les colonnes de Ouest-France qu'il sera candidat à la primaire. 

Jean-Luc Bennahmias, le président du Front démocrate, estime lui aussi pouvoir participer, tout comme Pierre Larrouturou, le président de Nouvelle Donne. Sur la route de François Hollande, on pourrait aussi trouver Christiane Taubira, qui a claqué la porte du gouvernement le 27 janvier 2016 après son désaccord avec la ligne sur la déchéance de nationalité. L'ancienne ministre de la Justice a laissé entendre dans une interview aux Inrocks qu'elle pourrait prendre part à l'élection en affirmant qu'elle "ne fuira pas sa part".

Du côté des légitimistes, Ségolène Royal et Laurent Fabius semblent se placer hors du jeu. Manuel Valls, qui semblait être le favori à gauche à moins de deux ans de l'élection, a d'ores et déjà indiqué qu'il se rangerait derrière François Hollande, "candidat naturel" pour 2017 et a même validé l'idée d'une primaire alors qu'il semblait rétif à cette idée auparavant. Mais un cas de force majeure peut encore le pousser à se lancer dans la course et certains socialistes semblent déjà certains qu'il sera candidat, à la suite d'un abandon de François Hollande. Chouchou des sondages et régulièrement catalogué comme l'instrument de François Hollande contre Manuel Valls, Emmanuel Macron s'est invité dans les candidats "souhaitables" dans les sondages ces derniers mois. Il serait même désormais le favori des candidats de la gauche, depuis le lancement de son mouvement "En Marche !" en avril 2016. Le ministre de l'Economie, entre coups médiatiques et critiques de ses collègues du gouvernement, préparerait un programme pour entrer dans le jeu. Certains de ses proches ne cachent plus que la rupture avec Hollande est consommée et que Macron sera bel et bien candidat. Il reste pour l'instant à distance de la primaire, mais préparerait un grand meeting pour le 12 juillet.

Non sans provoquer quelques ricanements, l'option Dominique Strauss-Kahn a été un temps évoquée elle aussi. L'ancien directeur du FMI, blanchi dans l'affaire du Carlton de Lille en juin 2015, s'est même permis une entrée fracassante sur Twitter peu après la fin du procès ainsi que des conseils sur le crise grecque. Les sondages ont frémi. Mais le scénario d'un retour semble peu envisageable.

Marine Le Pen : candidate du FN

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Marine Le Pen © Projet - site du FN

Reconduite par un plébiscite à la fin novembre 2014 à la tête du FN et auréolée de sa percée aux dernières élections, Marine Le Pen semble lancée vers une qualification au second tour de la présidentielle en 2017. La présidente du Front national s'est officiellement portée candidate le 8 février 2016 sur TF1. Elle est ainsi devenue le premier ténor à se lancer dans la bataille. Les succès de son parti aux municipales puis aux européennes, au Sénat, et enfin aux départementales et aux régionales en 2015, où le Front national a démultiplié le nombre de ses élus (sans pourtant prendre un seul exécutif local), inquiètent ses adversaires au plus haut point.

Il reste néanmoins pour Marine Le Pen a solder définitivement le cas "Jean-Marie Le Pen", exclu du FN en août 2015, après avoir multiplié les provocations, mettant à mal la stratégie de "dédiabolisation" entamée en 2011. Il faudra aussi se relever d'une défaite cinglante dans le Nord lors des régionales, après le retrait du PS au second tour et trouver le moyen de percer ce "plafond de verre" qui empêche jusqu'à présent le FN de concrétiser ses excellents scores au premier tour des élections. La stratégie du FN, basée sur une poignée de propositions chocs (sortie de l'euro, la réduction drastique de l'immigration, la priorité aux Français dans les prestations et la santé ou encore la tolérance zéro sur la sécurité), est désormais ancrée dans le paysage politique. Mais elle semble en contrepartie moins "imprimer" dans l'opinion depuis le début d'année 2016, où les sondages sont plus mitigés. Entamant un tour de France en 2016, Marine Le Pen devrait suivre une cure médiatique pour mieux se relancer et peaufiner un programme qui est encore en rodage.

Bayrou : un candidat du centre ?

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François Bayrou © Linternaute.com

Au centre de l'échiquier politique, la situation des candidatures semble encore des plus floues. Le président du MoDem, François Bayrou, pourrait se présenter à l'élection. Dans une interview mi-juillet 2015 à Valeurs Actuelles, il se voyait d'ailleurs comme "l'un des quatre qui peuvent gagner" en 2017. Il ne cesse depuis de s'avancer à petits pas vers une candidature. Mais il est a priori exclu qu'il participe à la primaire de la droite et du centre organisée par les Républicains, tant la rupture avec le parti de Nicolas Sarkozy est importante et tant il exècre ce type de compétition, donnant selon lui "la prime aux grandes gueules" et "aux plus radicaux".

Mais après avoir appelé à voter François Hollande avant le second tour en 2012, François Bayrou pourrait mener à bien une nouvelle alliance en 2017. On le sait : le maire de Pau est très proche de celui de Bordeaux, Alain Juppé. Les deux hommes s'apprécieraient tant qu'un ralliement de François Bayrou à la candidature de Juppé, voire d'un ticket commun du patron du MoDem avec le candidat LR est envisagé. Mais il faudra pour ce faire qu'Alain Juppé remporte la primaire à laquelle il participera de son côté. Le 11 octobre 2015, dans le "Grand Rendez-vous" Europe 1, iTélé, Le Monde, François Bayrou appelait même de ses voeux un rapprochement entre Juppé et Fillon. Mais le 17 avril 2016, après plusieurs spéculations, il a coupé court à toute idée de Pacte avec l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. En cas de victoire d'un autre candidat de droite que Juppé, François Bayrou pourrait de nouveau concourir, comme il l'a rappelé sur France 2 fin 2015, et devenir le "doyen de l'élection", celui qui a le plus participé à la présidentielle parmi les candidats en lice.

La concurrence de l'UDI, mais pas que

Le maire de Pau a sans doute perdu l'un de ses plus fidèles lieutenant pour cette bataille. Le député centriste des Pyrénées Jean Lassalle s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, à la surprise générale, le 17 mars 2016. Invoquant "humilité et enthousiasme", celui qui s'est "mis en congé volontaire" du MoDem entend représenter une France rurale. Eloigné des orientations stratégiques actuelles de François Bayrou, il estime que "rien n’empêchera" ce dernier "de [le] rejoindre au mois de décembre quand il en aura fini avec Alain Juppé". Qui d'autre au centre ?

A l'UDI (Union des Démocrates et indépendants), la retraite de Jean-Louis Borloo pour des raisons de santé (puis pour d'autres projets) a laissé un vide. Après une séquence de querelles fortes entre les différentes composantes de ce mouvement (Rama Yade s'est accrochée avec Laurent Hénard pour le leadership du Parti radical. Hervé Morin, du Nouveau centre, a accepté de mauvais gré la victoire de Jean-Christophe Lagarde qui a pris la présidence de l'UDI en novembre 2014), les départementales et les régionales semblaient acter un rapprochement durable avec Les Républicains. Mais le parti s'est montré particulièrement agacé par l'hégémonie de son partenaire lors des régionales et l'UDI a finalement décidé, en mars 2016, de ne pas s'associer à la primaire de la droite. Quid donc d'une candidature concurrente à la fois de celle des Républicains et d'une éventuelle épopée de Bayrou ? Elle dépendra peut être d'un nouvel accord, plus avantageux, entre l'UDI et LR pour les législatives qui suivront.

Dans ce brouillard aux multiples couches, Rama Yade s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle le 21 avril 2016 (date symbolique). Désormais sans mandat et sans parti (elle a été exclue de l'UDI à la rentrée 2015), elle se voit comme la représentante du "recours" et opte pour une campagne "ni de droite, ni de gauche". Elle aurait le soutien de l'Alliance écologiste, le Parti libéral démocrate, le rassemblement éco-citoyen, le Cercle de la diversité et Démocratie 21. Suffisant pour avoir les 500 signatures d'élus pour se présenter au scrutin d'avril et mai 2017 ?  Affaire à suivre.

Duflot, Jadot... Le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts

candidats verts
Nicolas Hulot et Cécile Duflot. © DUPUY FLORENT/SIPA
  • CONTEXTE - Chez les Verts, le principe d'une primaire avec le PS a été accepté sans grand enthousiasme, lors d'un conseil fédéral le 10 avril 2016. Mais malgré la main tendue de Jean-Christophe Cambadélis à la mi-juin, EELV ne devrait pas s'associer à la primaire du Parti socialiste. Son nouveau secrétaire national, David Cormand, a déjà clairement décliné l'invitation, évoquant "une affaire qui concerne avant tout le PS". EELV devrait en revanche  bien soutenir un candidat écologiste, mais lequel ?

L'option Nicolas Hulot, qui n'a cessé de prendre de l'ampleur, a été définitivement écartée par le principal intéressé le 5 juillet 2016. Le grand perdant de la primaire de 2011 face à Eva Joly, qui était crédité dans les sondages d'un score entre 9 et 11% des intentions de vote, a annoncé sur Twitter qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle. Le fruit d'une mûre réflexion "personnelle", avec moult consultations. Beaucoup d'écologistes (dans et hors EELV) poussaient pourtant l'ancien animateur de télévision à se lancer dans la course.

C'était le cas de Cécile Duflot, qui avait elle aussi affirmé que Nicolas Hulot ferait un bon candidat. L'ancienne ministre s'est finalement déclarée candidate le 20 août dans un courrier adressé aux adhérents du parti écologiste. "La bataille à venir s'annonce rude", écrit-elle. "L'espace est mince. Mais il existe". Cécile Duflot hésitait pourtant à se lancer. Cécile Duflot peine en effet à imposer son leadership à des écolos très divisés. Pour preuve : l'entrée de trois d'entre eux au gouvernement le 7 février 2016. En devenant ministres, Emmanuelle Cosse, jusqu'ici dirigeante d'EELV, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili, qui avaient claqué tous les deux la porte du parti à l'été 2015, ont littéralement fait imploser EELV qui a également perdu son groupe à l'Assemblée après la défection de plusieurs élus et a reçu le coup de grâce avec l'affaire Baupin, en mai 2016. Cécile Duflot pourrait donc avoir du mal à rassembler les 500 parrainages nécessaires à une candidature. 

Dans ce contexte, l'eurodéputé Yannick Jadot a d'ores et déjà annoncé sa candidature à la primaire EELV. Dans un courrier envoyé au conseil fédéral du parti à la mi-juillet 2016, le co-fondateur d'Europe Ecologie en 2009 et ancien cadre de Greenpeace, dit son souhait de "représenter le courant écologiste" lors de l'élection suprême. Il soutenait lui aussi une candidature de Nicolas Hulot avant son renoncement.

Mélenchon, Laurent... Le candidat du Front de gauche

  • CONTEXTE - Début janvier 2016, plusieurs personnalités de gauche lançaient un appel à une grande primaire pour 2017. Une initiative assez bien accueillie par plusieurs candidats potentiels, comme Pierre Laurent et Cécile Duflot, beaucoup moins par d'autres, comme Jean-Luc Mélenchon (qui lui a opposé une fin de non recevoir). Cette primaire à gauche, encore très incertaine, pourrait être à géométrie variable voire abandonnée.
Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Au Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris tous ses adversaires par surprise en se déclarant officiellement candidat à la présidentielle le 10 février 2016 sur TF1. Au grand dam de ses alliés du Front de gauche, le PC en premier lieu, qui ont ouvertement regretté que le chef du Parti de gauche ne joue pas "collectif". Malgré son discours rassembleur et la lutte contre Marine Le Pen, qu'il présente comme une "urgence", Mélenchon pourrait partir en 2017 avec beaucoup moins de soutiens qu'en 2012. Reste que sa campagne débute bien, boostée il faut bien le dire par l'opposition à la loi Travail. Le hérault du Parti de gauche dispose au printemps 2016 de sondages flatteurs (entre 12 et 16% des intentions de vote) et talonne même François Hollande dans plusieurs d'entre eux (lire ci-dessus).

Après des européennes calamiteuses et les départementales et régionales de 2015 difficiles, les tensions de Mélenchon avec le parti de Pierre Laurent sont importantes voire irréconciliables. Ce dernier, Premier secrétaire du Parti communiste, n'exclut plus d'être lui-même candidat à une primaire à gauche.

A l'extrême gauche, Philippe Poutou a de nouveau été désigné candidat par le NPA le 20 mars 2016. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) s'est quant à elle déclarée candidate à la mi-mars 2016.

Les autres candidats

A droite, Nicolas Dupont-Aignan, ancien député UMP et fondateur de Debout la France, s'est lancé dans la course sur TF1 le 15 mars 2016. "Je suis candidat parce que je suis certain que notre pays peut s’en sortir s’il change de politique, si on change de personnel politique. Depuis des années, une minorité gouverne contre la majorité silencieuse des Français." Il  tente ainsi une troisième candidature à l'élection suprême et synthétise ses motivations dans un livre : "France, lève-toi et marche" (Fayard). Il a déjà indiqué qu'il ne participerait pas à la primaire de la droite.

Le scénario (encore assez fou) d'une candidature de droite issue de la société civile fait aussi son chemin. Selon l'Express début novembre, l'ancien conseiller et journaliste Patrick Buisson, le polémiste Eric Zemmour et l'ancien ministre Philippe de Villiers seraient en train de se concerter pour "dynamiter l'offre politique en 2017", notamment en mettant en avant les thématiques identitaires. Selon un sondage Ifop début novembre 2015, 21% des Français estiment que le retour de Philippe de Villiers serait utile à la politique.

Qui d'autre ?

Ovni de la politique française depuis plusieurs années, Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) s'est de nouveau déclaré candidat à l'élection présidentielle à la mi-avril 2016. Il s'agira de sa sixième présidentielle. Christian Troadec, ancien porte-parole des Bonnets rouges et ancien maire de Carhaix, en Bretagne, a annoncé sa candidature à la présidentielle le 8 avril 2016. Enfin, on ne connait pas encore les intentions Jacques Attali, qui a livré à la rentrée 2015 un livre programme pour les candidats à la présidentielle 2017, et affirmé au détour d'une interview qu'il n'excluait pas de se présenter lui-même. Des candidatures issues du Parti ouvrier indépendant et de Chasse, pêche, nature et tradition, si elles n'ont pas été concrétisées en 2012, sont toujours possibles en 2017. Gérard Schivardi serait déjà en lice. Plus d'une vingtaine d'autres "petits candidats" pourraient se lancer, avec des chances minimes d'obtenir les 500 signatures nécessaires.

Règles de l'élection présidentielle

L'élection présidentielle est une élection au suffrage universel direct depuis 1965 en France. Cette date ne correspond cependant pas la première élection présidentielle de la Ve République, puisqu'en 1958, le Général de Gaulle était le dernier président de la République à être élu au suffrage indirect. Les articles 6, 7 et 58 de la Constitution française fixent les modalités de ce scrutin clé, détaillées par une loi de 1962, l'article LO-127 du code électoral et une loi d'avril 2011 abaissant à 18 ans l'âge minimum de candidature au lieu de 23 auparavant. Depuis 2000 et l'introduction du quinquennat, l'élection présidentielle élit le président de la République pour une durée de 5 ans contre 7 auparavant. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le président ne peut pas être élu plus de deux fois consécutivement.

Dans les règles, l'élection présidentielle est une élection au "suffrage universel uninominal direct". Tous les électeurs de nationalité française, de plus de 18 ans, inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre de l'année précédant l'élection et jouissant de tous leurs droits civils et politiques sont invités à y participer. Les mêmes obligations s'imposent à ceux qui veulent être candidats. Mais ils doivent en sus avoir obtenu 500 "parrainages" d'élus (maires) sur les deux tiers du territoire, publier une déclaration de situation patrimoniale et posséder un compte de campagne.

De nombreuses règles s'imposent aussi à eux, notamment quant au financement de leur campagne, qui ne doit pas dépasser un plafond de 16,851 millions d'euros. Ces règles sont contrôlées par le Conseil constitutionnel (gestion des candidatures, publication de la liste des candidats, proclamation des résultats et de l'identité de l'élu le cas échéant au JO) et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (surveillance des comptes de campagne, validation du remboursement d'une partie des frais par l'Etat le cas échéant sous certaines conditions).

Le temps de parole des candidats est aussi encadré selon des modalités qui ont évolué récemment. Début avril 2016, une loi a en effet été adoptée pour modifier les règles modification lors de la "pré-campagne" ou "période transitoire". Une période d'une vingtaine de jours entre la publication de la liste officielle des candidats et le lundi précédant de deux semaines le premier tour de scrutin. Lors de ce laps de temps, les règles de temps de parole sont modifiées pour passer du "principe d'égalité" à celui "d'équité". Ce implique que les candidats ayant déjà obtenu des scores importants aux précédentes élections disposent de plus de temps que les candidats inconnus ou ayant récolté de plus faibles scores.

Autre modification : une publication des parrainages des candidats devrait être mise en place, pour que les citoyens soient informés de l'éventuel soutien de leur maire à un candidat.

Résultat de la présidentielle

C'est le candidat ayant obtenu la majorité absolue (50 % des voix ou plus) au premier tour qui remporte l'élection présidentielle. Si aucun candidat n'obtient cette majorité, une nouvelle élection est organisée à la majorité simple. Peuvent alors participer au second tour les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Le résultat de la présidentielle est proclamé par le Conseil constitutionnel avant communication des résultats par le ministère de l'Intérieur, mais les premières estimations des instituts de sondages sont autorisées à partir de 20 heures, quand l'ensemble des bureaux de vote ont été fermés à travers la France. Le but de cet embargo jusqu'à 20 heures : ne pas influencer les derniers votants qui pourraient modifier leur choix dans l'isoloir en fonction des premières estimations livrées.

La règle concernant la publication des résultats de la présidentielle est de plus en plus mise à mal avec le développement d'Internet et des réseaux sociaux. En France en effet, tous les bureaux de vote ne ferment pas à la même heure, certains étant ouverts jusqu'à 18 heures, d'autres à 19 heures et les derniers enfin, dans les grandes villes, jusqu'à 20 heures. Dès 18 heures, des estimations circulent donc dans les rédactions et fuitent parfois dans les médias étrangers, notamment en Belgique, sur des sites qui ne sont pas soumis à la législation française. Le résultat de la présidentielle 2012 avait fait l'objet de nombreux messages codés sur le réseau social Twitter. De quoi amener le législateur à réfléchir à de nouvelles règles ou à un horaire de fermeture commun des bureaux de vote.

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 était le suivant :

PREMIER TOUR - François Hollande (PS) : 28,63 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 27,18 % ; Marine Le Pen (FN) : 17,90 % ; Jean-Luc Mélenchon (FG) : 11,10 % ; François Bayrou (MoDem) : 9,13 % ; Eva Joly (EELV) : 2,31 % ; Nicolas Dupont-Aignan (DLR) : 1,79 % ; Philippe Poutou (NPA) : 1,15 % ; Nathalie Arthaud (LO) : 0,56 % ; Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : 0,25 % ; Abstention : 20,52 %.

SECOND TOUR - François Hollande (PS) : 51,64 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 48,36 % ; Abstention : 19,65 %.

Les résultats de la présidentielle par commune

Résultats de la présidentielle 2012 dans les 50 premières villes de France

Aix-en-Provence
Amiens
Angers
Argenteuil
Aulnay-sous-bois
Avignon
Besançon
Bordeaux
Boulogne-Billancourt
Brest
Caen
Calais
Clermont-Ferrand
Créteil
Dijon
Grenoble
Le Havre
Le Mans
Lille
Limoges
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Montreuil
Mulhouse
Nancy
Nanterre
Nantes
Nice
Nîmes
Orléans
Paris
Pau
Perpignan
Poitiers
Reims
Rennes
Roubaix
Rouen
Saint-Denis
Saint-Etienne
Strasbourg
Toulon
Toulouse
Tourcoing
Tours
Versailles
Villeurbanne
Vitry-sur-Seine

Les résultats de la présidentielle par département

Résultats de la présidentielle 2012 dans les départements

01 - Ain
02 - Aisne
03 - Allier
04 - Alpes-De-Haute-Provence
05 - Hautes-Alpes
06 - Alpes-Maritimes
07 - Ardèche
08 - Ardennes
09 - Ariège
10 - Aube
11 - Aude
12 - Aveyron
13 - Bouches-Du-Rhône
14 - Calvados
15 - Cantal
16 - Charente
17 - Charente-Maritime
18 - Cher
19 - Corrèze
20 - Corse
21 - Côte-D'Or
22 - Côtes-D'Armor
23 - Creuse
24 - Dordogne
25 - Doubs
26 - Drôme
27 - Eure
28 - Eure-Et-Loir
29 - Finistère
30 - Gard
31 - Haute-Garonne
32 - Gers
33 - Gironde
34 - Hérault
35 - Ille-Et-Vilaine
36 - Indre
37 - Indre-Et-Loire
38 - Isère
39 - Jura
40 - Landes
41 - Loir-Et-Cher
42 - Loire
43 - Haute-Loire
44 - Loire-Atlantique
45 - Loiret
46 - Lot
47 - Lot-Et-Garonne
48 - Lozère
49 - Maine-Et-Loire
50 - Manche
51 - Marne
52 - Haute-Marne
53 - Mayenne
54 - Meurthe-Et-Moselle
55 - Meuse
56 - Morbihan
57 - Moselle
58 - Nièvre
59 - Nord
60 - Oise
61 - Orne
62 - Pas-De-Calais
63 - Puy-De-Dôme
64 - Pyrénées-Atlantiques
65 - Hautes-Pyrénées
66 - Pyrénées-Orientales
67 - Bas-Rhin
68 - Haut-Rhin
69 - Rhône
70 - Haute-Saône
71 - Saône-Et-Loire
72 - Sarthe
73 - Savoie
74 - Haute-Savoie
75 - Paris
76 - Seine-Maritime
77 - Seine-Et-Marne
78 - Yvelines
79 - Deux-Sèvres
80 - Somme
81 - Tarn
82 - Tarn-Et-Garonne
83 - Var
84 - Vaucluse
85 - Vendée
86 - Vienne
87 - Haute-Vienne
88 - Vosges
89 - Yonne
90 - Territoire De Belfort
91 - Essonne
92 - Hauts-De-Seine
93 - Seine-St-Denis
94 - Val-De-Marne
95 - Val-D'Oise
971 - Guadeloupe
972 - Martinique
973 - Guyane
974 - La Réunion
975 - Saint Pierre et Miquelon
976 - Mayotte
988 - Nouvelle-Calédonie