Election présidentielle 2017 : Valls candidat, dates, candidats, sondages, résultat

L'élection présidentielle 2017 aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017 (dates officielles). Alors que François Hollande a renoncé à toute candidature, les candidats sont déjà nombreux. Le résultat de la présidentielle dépendra de nombreux paramètres.

► En ce moment



[Mis à jour le 5 décembre 2016 à 19h37] L'élection présidentielle 2017 a lieu dans moins de 5 moins et s'annonce comme un scrutin des plus tendus. L'actuel chef de l'Etat, François Hollande, a décidé de renoncer à cette présidentielle lors d'une allocution surprise depuis l'Elysée le 1er décembre 2016. Une primaire de la gauche devra donc désigner le candidat socialiste, à la fin du mois de janvier. Manuel Valls s'est d'ores et déjà porté candidat, le 5 décembre et a démissionné dans la foulée. Il est déjà face à une multitude de candidats, dont Arnaud Montebourg, ancien ministre du redressement productif qui fait figure de challenger.

De l'autre côté de l'échiquier politique, la primaire de la droite a abouti à la désignation surprise de François Fillon comme candidat à la présidentielle fin novembre. L'ancien Premier ministre, qui a éliminé coup sur coup Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, doit désormais réorganiser le parti et se pencher sur les investitures pour les législatives.

Au FN, dans ce contexte, c'est le nom de Marine Le Pen qui est dans la bouche de tous les commentateurs. La patronne du Front national, officiellement candidate depuis le 8 février 2016, semble assurée de figurer au second tour de la prochaine présidentielle. A gauche, Jean-Luc Mélenchon semble effectuer une percée dans les sondages et a obtenu fin novembre le soutien du Parti communiste. Au centre, Emmanuel macron se veut le candidat du renouveau, alors que François Bayrou ne cache désormais plus ses intentions de se présenter face à François Fillon, dont il juge le programme "dangereux.

Linternaute.com vous propose de faire le point sur l'élection, ses sondages, ses candidats et les principaux jalons de sa campagne.

Sondages de l'élection présidentielle

► Les intentions de vote (derniers sondages)


8 décembre 2016 – Valls en tête de la primaire

Selon un sondage Harris Interactive pour France 2, Manuel valls arrive comme le grand favori de la primaire de la gauche. L'ancien premier ministre obtient 45% des intentions de vote au premier tour dans ce sondage, devant son principal rival Arnaud Montebourg, à 28%. Suivent Benoît Hammn (11%), Gérard Filoche (6%), Marioe-Noëlle Lienemann (5%), Pierre Larrouturou (3%), Jean-Luc Bennahmias et françois de Rugy (1%). Au second tour, l'écart se réduit nettement et Manuel Valls pourrait être en ballotage face à Arnaud Montebourg, qui bénéficierait du report de voix de plusieurs candidats de la gauche du parti (Halon, Lienemann etc.). Lire sur le site d'Harris

7 décembre 2016 - Percée de Manuel Valls à gauche dans un sondage

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, un Français sur trois (33%) "pourrait voter" au 1er tour de la présidentielle 2017 pour Emmanuel Macron. Un chiffre en hausse de 6 points depuis la dernière mesure. L'ancien ministre de l'Economie devance Manuel Valls (27%, +9), également en forte hausse en un mois. Ils sont tous les deux loin devant Arnaud Montebourg (18%) ou Vincent Peillon (5%), nouvellement candidat. 23% des personnes interrogées voteraient probablement pour Jean-Luc Mélenchon et 20% pour Martine Aubry.Manuel Valls fait un bond de 14 points chez les sympathisants de gauche, avec 50% des personnes interrogées, loin devant tous ces rivaux. Lire sur le site d'Elabe

7 décembre 2016 – Valls de perce pas, gauche éliminée

Selon un sondage BVA-Salesforce pour Orange et la presse régionale, François Fillon est donné en tête du premier tour de la présidentielle, avec 23 à 29% des intentions de vote selon les candidats qu'il aura face à lui. Il devance Marine Le Pen, crédité de 24 à 26%. A gauche, Manuel Valls ne perce pas. L'ancien Premier ministre est crédité de 13% des suffrages et serait même très légèrement distancé par Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon (14% chacun). Au second tour, François Fillon serait élu président de la République avec 67% contre 33% pour Marine Le Pen, selon cette étude, réalisé auprès de 934 personnes. Un tiers des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intentions de vote. Lire sur le site de BVA

6 décembre 2016 – Valls laminé par Fillon, Le Pen, Macron et Mélenchon

Selon un sondage Ifop pour iTélé, Paris Match et Sud Radio, Manuel valls n'est crédité que de 10% des intentions de vote à l'élection présdientielle. Il serait devancé au premier tour par François Fillon, à 27,5%, Marine Le Pen à 24%, mais aussi Emmanuel Macron (13,5 %) et Jean-Luc Mélenchon (12,5%). Les "trois gauches" (Macron-Mélenchon-Valls) seraient chacune exclues du second tour, lors duquel  François Fillon s'imposerait avec 65% des voix, contre 35% pour la présidente du Front national. Lire sur le site de l'Ifop

5 décembre 2016 – Le bilan de Hollande massivement rejeté

Selon un sondage OpinionWay pour le Figaro, 78% des français auraient une opinion négative du bilan de François Hollande, contre 21% d'image positive (dont 2% jugeant le bilan "très positif"). Seuls les sympathisants du PS ont une opinion à contre-courant avec 63% de sentiment positif, contre 37% négatif. En revanche, seul 48% des électeurs de François Hollande en 2012 jugent son bilan positif, contre 51% négatif. Une proportion qui passe à 38% contre 62% pour les votants du second tour. Pour 81% des sondés, François Hollande n'a pas été fidèle à ses promesses de campagne en 2012. Lire sur le site d'OpinionWay

  • *Sont comptabilisés ici tous les sondages sur la présidentielle, les primaires ou le potentiel de vote de chaque candidat, déclaré ou non. Sont exclus les enquêtes d'images, les sondages "de conviction" reliés à l'actualité ou à des émissions ou débats télévisés et les baromètres mensuels des personnalités (compilés ci-dessous).
  • Voir tous les sondages de la présidentielle

► Les cotes de popularité (compilateur)


Linternaute.com propose, depuis la rentrée 2016, un compilateur de sondages basé sur les principaux prétendants à la présidentielle, avec des données mises à jour en temps réel. Dans ce graphique interactif, vous pouvez sélectionner une ou plusieurs personnalités politiques puis observer et comparer leur cote pour chacun des instituts de sondage. Pour tenter de synthétiser ce flot de données, un "indice global" est calculé par Linternaute.com.

  • Sont affichées par défaut les cotes de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls. Sélectionnez d'autres personnalités pour afficher leur cote. Les baromètres d'octobre sont encore incomplets.

Date de l'élection présidentielle

Les dates du premier tour et du second tour de l’élection présidentielle 2017 ont été dévoilées le mercredi 4 mai 2016, en Conseil des ministres. C'est le résultat d'une décision du gouvernement, officialisée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve face à ses pairs et au président de la République François Hollande. L'élection aura bien lieu les 23 avril et 7 mai 2017, comme cela était déjà anticipé par plusieurs médias, dont Linternaute.com dans cette page. Les résultats de la présidentielle seront communiqués le soir même de chaque tour de scrutin, les dimanches 23 avril et 7 mai à 20 heures. On connaîtra alors le nom du président de la république pour les 5 prochaines années. Les dates des élections législatives ont aussi été communiquées : elles auront lieu dans la foulée de la présidentielle 2017, les 11 et 18 juin 2017. Les sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017.

Dates de la présidentielle 2017 : 

  • Premier tour : dimanche 23 avril 2017
  • Second tour : dimanche 7 mai 2017

Les dates des élections présidentielles sont généralement annoncées lors d'une communication en Conseil des ministres, suivie d'un décret, puis sont validées par le Conseil constitutionnel. La règle, fixée par l'article 7 de la constitution, est claire : l'élection présidentielle doit avoir lieu au minimum 20 jours avant l'expiration du mandat du président de la République en fonction. L'élection peut être organisée jusqu'à 35 jours avant la fin du mandat. François Hollande ayant pris ses fonctions le 15 mai 2012, celles-ci prendront fin au plus tard le 14 mai 2017 à minuit. Le premier tour ne pouvait donc avoir lieu qu'entre le 10 avril et le 24 avril 2017. Le scrutin devant être organisé un dimanche (loi du 6 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République et article L. 55 du code électoral) et le second tour "le quatorzième jour suivant le premier", seules une poignée de dates étaient envisageables : les 16 et 30 avril ou les 23 avril et 7 mai 2017. C'est la seconde option qui a été choisie.

Candidats de l'élection présidentielle

Les candidatures sont déjà en train de s'affiner et, pour certaines, sont d'ores et déjà confirmées par le biais d'une victoire aux primaires.


EN IMAGES - Tous les candidats possibles, probables, déclarés 

Candidats de l'élection présidentielle 2017

Candidat de la droite : François Fillon

  • CONTEXTE - A l'UMP, devenue Les Républicains début juin 2015, une primaire ouverte au centre a été organisée les 20 et 27 novembre 2016. Le candidat choisi à la primaire de la droite, François Fillon, est devenu le chef du parti selon les règles fixées et mènera la campagne pour l'alternance. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy s'est imposé face à Alain Juppé avec respectivement 66,5% contre 33,5% des voix.
Fra,çois Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle
François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle. © Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

François Fillon s'est imposé à deux reprises, avec une large avance au premier comme au second tour, lors de la primaire de la droite et du centre fin 2016. L'ancien Premier ministre a notamment éliminé Nicolas Sarkozy dès le premier tour, en rassemblant 44,1% des suffrages le 20 novembre 2016, puis a surclassé Alain Juppé au second tour, le 27 novembre 2016, avec 66,5% des suffrages. Jusqu'aux tout derniers jours de la campagne, il était donné au mieux comme un challenger du duo Juppé-Sarkozy, au pire comme largement distancé dans les sondages. Quelques jours à peine après la surprise Trump lors de l'élection américaine, il est ainsi parvenu à déjouer tous les pronostics. Le programme de François Fillon se veut "radical", voire "difficile", il serait "à prendre ou à laisser" selon les propres termes du candidat. Ouvertement libéral et conservateur, il vise à "libérer l'économie, restaurer l'autorité de l'État et affirmer les valeurs de la France", d'après son auteur.

Les candidats perdants

Grand favori durant presque 2 ans, Alain Juppé s'est effondré face au raz-de-marée François Fillon, obtenant 28,6% des suffrages au premier tour et 33,5% au second. Le maire de Bordeaux s'est mis en retrait de la campagne, même s'il a officiellement apporté son soutien à François Fillon. Nicolas Sarkozy, élu à la tête du parti avec 64,5 % en novembre 2014, n'a obtenu que 20,7% des voix au premier tour. Lors d'un discours au soir de sa défaite cinglante, apportant lui aussi son soutien à François Fillon, il a esquissé un retrait de la vie politique.

Nathalie Kosciusko-Morizet n'a recueilli que 2,6% des suffrages, elle a tout de même fait mieux que Bruno Le Maire, qui, avec 2,4% des voix, a complètement perdu son pari de s'imposer dans le trio de tête. Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et député LR des Yvelines, a profité des primaires pour se faire connaître. Il a recueilli 1,4% des suffrages, et a terminé devant Jean-François Copé (0,3%).

Les candidats dissidents

Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, s'était lui aussi déclaré candidat à la primaire le 13 juin 2016 sur France Inter, souhaitant incarner la ligne "gaulliste" lors de ce scrutin. Mais faute de parrainages, il a décidé de tirer un trait sur la primaire et de se déclarer directement candidat à l'élection présidentielle. L'annonce a été faite le 9 septembre 2016, lors d'une conférence de presse. Et une autre dissidente pourrait bientôt se déclarer. Michèle Alliot-Marie devrait, selon le Monde, se lancer elle aussi dans la course à la présidentielle. Mais l'ancienne ministre de la Défense ne pourra plus passer par la case primaire. "MAM" pourrait se déclarer très prochainement. Elle a déjà lancé Nouvelle France, un nouveau parti gaulliste.

Les candidats qui ont jeté l'éponge

Le maire de Nice Christian Estrosi était lui aussi candidat à la primaire LR depuis le 13 mai 2014. Une candidature confirmée sur iTélé le 25 novembre 2014 puis sur LCP en mars 2015. Mais il a annoncé qu'il renonçait après sa victoire aux régionales en PACA, où il a devancé Marion Le Pen. Un autre ancien ministre a lui aussi jeté l'éponge : Xavier Bertrand, qui s'était déclaré candidat dès le 16 septembre 2012, mais s'est lui aussi retiré de la course après son élection en Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Laurent Wauquiez, élu en Auvergne, Rhône-Alpes, et bombardé par Nicolas Sarkozy à la direction des Républicains après les régionales, ne s'est pas lancé lui non plus.

Un temps évoquée, la candidature de la très populaire Christiane Lagarde, qui est depuis juin 2011 à la tête du Fonds monétaire international, a été définitivement écartée par l'intéressée qui a indiqué dans Paris Match vouloir se consacrer au FMI fin janvier 2016, avant d'être reconduite dans ses fonctions à Washington. Un sondage Harris Interactive pour La Parisienne en septembre 2015 indiquait pourtant que 50 % des Français en faisaient "une bonne présidente" potentielle.

Candidats à gauche : Hollande, Valls, Montebourg, Macron...

  • CONTEXTE - Le 17 juin 2016, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a annoncé, à la surprise générale, qu'une primaire aurait bien lieu à gauche, avec l'aval du chef de l'Etat, François Hollande, qui a finalement décidé de ne pas être candidat. Le vote devrait avoir lieu les deux derniers week-ends de janvier 2017 selon les mêmes modalités que la primaire de 2011. Le dépôt des candidatures se fera entre le 1er et le 15 décembre et celles-ci seront soumise à des parrainages.
Candidats de la gauche à l'élection présidentielle
Arnaud Montebourg et Manuel Valls, duel de candidats à gauche ? © Christophe Ena/AP/SIPA

François Hollande ne sera pas candidat à la primaire de la gauche, organisée en début d'année 2017, pas plus qu'à l'élection présidentielle quelques mois plus tard. L'annonce a été faite depuis l'Elysée, le jeudi 1er décembre 2016, via une allocution télévisée. "J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle", a annoncé le chef de l'Etat après avoir longuement dressé le bilan de son quinquennat et défendu son travail et ses mesures, grave, mais manifestement ému. Evoquant son "humilité", la conscience des "risques" que représentent le Front national et la division de la gauche, il a estimé qu'il n'était pas en position de fédérer autour de sa candidature. Depuis l'automne 2016, et la parution d'un livre de confidences venu parasiter son entrée en campagne, les sondages continuaient d'enfoncer le chef de l'Etat. Son renoncement constitue malgré tout une surprise qui rebat les cartes pour l'ensemble de la gauche, qui pourrait vivre dans les prochains mois une recomposition historique. Tout aussi historique que ce renoncement. Le premier d'un chef de l'Etat sortant après son premier mandat.

EN VIDEO - "J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle"

Valls candidat

Après le renoncement de François Hollande, c'est bien l'ancien Premier ministre Manuel Valls qui sera le candidat de la continuité dans cette élection présidentielle. Ce dernier a toujours laissé entendre qu'il serait candidat "à la minute" où François Hollande se retirerait. Après un délai de décense, il a annoncé sa candidature depuis son fief d'Evry, la ville dont il fut maire pendant des années et qui a entamé son ascension, le lundi 5 décembre 2016. Grand favori à gauche à deux ans de l'élection, Manuel Valls a pourtant nettement perdu de sa superbe dans les sondages depuis. L'ancien Premier ministre, qui a annoncé sa démission au lendemain de sa candidature, a validé l'idée d'une primaire qui lui sera difficile, alors qu'il semblait lui-même rétif à cette idée auparavant. En marge de la primaire de la droite, sans doute impatient de connaitre la décision de François Hollande, il avait avoué se "préparer" à une candidature et a semblé vouloir se lancer, sans même l'aval du chef de l'Etat. Un coup de pression remarqué qui a pu peser dans le choix de François Hollande et dans la suite des événements.

Des candidats "hollandistes" ?

Valls en héritier de François Hollande ? Chez les ministres fidèles au chef de l'Etat, il sera sans doute difficile de l'accepter. Beaucoup ont, en effet, une conception du "hollandisme" bien différente du "vallsisme", notamment sur les questions de laïcité, comme en a témoigné la récente polémique sur le burkini. Chez les légitimistes, Laurent Fabius, loin d'être un "hollandismte" pur jus, est hors-jeu, désormais à la tête du Conseil constitutionnel. Ségolène Royal, bien que poussée par ses proches depuis la rentrée 2016, a de nouveau indiqué qu'elle ne se porterait pas candidate début décembre. Restent Najat-Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine et Stéphane Le Foll, qui pourraient aller défier Valls. A moins que l'un d'eux n'arrive à Matignon par un subtil jeu de chaises musicales...

Sur la route du candidat Valls, on pourrait aussi trouver Christiane Taubira, qui a claqué la porte du gouvernement le 27 janvier 2016 après son désaccord avec la ligne sur la déchéance de nationalité. L'ancienne ministre de la Justice a laissé entendre dans une interview aux Inrocks qu'elle pourrait prendre part à l'élection en affirmant qu'elle "ne fuira pas sa part". A la rentrée 2016, à Libération, elle a dit vouloir s'"engager fortement dans la campagne" tout en maintenant le flou sur ses intentions. En septembre 2016, elle s'affichait aux côtés de François Hollande, semblant acter une forme de réconciliation. Et fin novembre, une pétition appelait l'ex-garde des Sceaux à se présenter à la primaire. 

Les candidats frondeurs

On le sait, les rivaux déclarés ou non du président et du Premier ministre sortants sont nombreux. Martine Aubry, particulièrement critique sur la politique du gouvernement, a indiqué que 2017 ne faisait pas partie de "ses projets". L'aile gauche du PS se cherche donc un leader pour la primaire à venir. Arnaud Montebourg, qui a claqué la porte du gouvernement en août 2014, a annoncé sa candidature à la présidentielle le 21 août 2016 lors de la traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse. Il a ensuite confirmé début octobre qu'il participerait bien à la primaire de la gauche, après avoir vérifié la "sincérité" et la "loyauté" de l'organisation de ce scrutin interne. Il sera le premier à déposer officiellement sa candidature à la primaire le 1er décembre 2016, après avoir engrangé le soutien de Christian Paul, porteur de la motion B du congrès de Poitiers en 2015.

Chez les déçus du hollandisme, on trouve aussi Benoît Hamon, qui a repris sa liberté depuis son départ du gouvernement à l'été 2014 et entend bien l'exploiter. Il a annoncé sa candidature à la primaire du PS le 16 août 2016, sur le plateau du 20H de France 2, grillant ainsi la politesse à Arnaud Montebourg. Il entend incarner une "alternative" face à un président qui "ne pourra rétablir la confiance qu'il a perdue". A la gauche de la gauche, on trouve aussi Marie Noël Lienemann, la sénatrice qui a annoncé sa candidature à la primaire sur RFI le 20 juin 2016. Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste et grand accusateur du gouvernement, a quant à lui déclaré sa candidature sur BFMTV et RMC le mardi 21 juin 2016.

Les autres candidats de la primaire

Chez les personnalités plus ou moins proches de la majorité, qui ont indiqué vouloir participer à la primaire, on trouve aussi le député de Loire Atlantique François de Rugy. Démissionnaire d'EELV l'été dernier, il a confirmé en juillet dans les colonnes de Ouest-France qu'il sera candidat à la primaire. Jean-Luc Bennahmias, le président du Front démocrate, estime lui aussi pouvoir participer, tout comme Pierre Larrouturou, le fondateur de Nouvelle Donne, qui a annoncé officiellement sa candidature le 1er décembre 2016. D'autres personnalités moins connues font partie des "petits candidats" de cette primaire : Sidi Hamada-Hamidou, membre du Parti radical et ancien candidat aux municipales à Mayotte, Fabien Verdier, conseiller municipal de Châteaudun et Maxime Legrand, conseiller municipal d'opposition à Poissy.

Le candidat dissident : Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle 2017
Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle. © SIPA

La candidat du Parti socialiste sera confronté à un obstacle de poids. L'ancien protégé de François Hollande, Emmanuel Macron, qui fut son conseiller à l'Elysée puis son ministre de l'Economie, s'est déclaré candidat à la présidentielle le mercredi 16 novembre 2016. Il a déjà indiqué qu'il ne passera pas par la case primaire et ira jusqu'au bout, que François Hollande se lance ou non dans la course. Candidat "anti-système" (entendez anti-parti), Emmanuel Macron souhaite incarner un optimisme nouveau, comme il l'a déclaré solennellement à Bobigny, et veut "mener une révolution démocratique". "Je veux une France qui croit en sa chance, qui est entreprenante et qui considère les plus faibles", a martelé l'ex-ministre.

Pour Emmanuel Macron, la France ne pourra pas répondre aux défis du XXIe siècle "avec les mêmes hommes et les mêmes idées". L'ancien ministre de l'Economie entretenait un faux suspense depuis depuis, sans cacher ses ambitions. Après le lancement de son mouvement "En Marche !" en avril 2016, l'ancien conseiller de François Hollande à l'Elysée a accéléré : à la fin du mois d'août, il a quitté le gouvernement "pour se consacrer entièrement à son mouvement politique" ; début octobre, il a tenu une série de réunions publiques pour établir son "diagnostic" de l'état de la France ; le 8 novembre 2016, ses proches assuraient quasi-officiellement qu'il serait bien candidat à la présidentielle, une information confirmée en huit jours, donc.

Dans l'Obs début novembre, Emmanuel Macron déclinait un début de programme, avant même de se déclarer candidat : "vraie autonomie pédagogique" pour les établissements scolaires, fin des 35 heures chez les jeunes et  réduction du temps de travail pour les seniors, modulation de l'âge de départ en retraite selon les parcours, réforme de l'allocation chômage pour notamment prendre en compte les indépendants, gestion directe de l'Unédic par l'Etat, ce qui mettrait de côté les partenaires sociaux...

Candidate du FN : Marine Le Pen

Marine Le Pen candidate à l'élection présidentielle.
Marine Le Pen candidate à l'élection présidentielle. © Christophe Ena/AP/SIPA

Reconduite par un plébiscite à la fin novembre 2014 à la tête du FN et auréolée de sa percée aux dernières élections locales, Marine Le Pen semble lancée vers une qualification au second tour de la présidentielle en 2017. La présidente du Front national s'est officiellement portée candidate le 8 février 2016 sur TF1. Elle est ainsi devenue le premier ténor à se lancer dans la bataille. Les succès de son parti aux municipales puis aux européennes, au Sénat, et enfin aux départementales et aux régionales en 2015, où le Front national a démultiplié le nombre de ses élus (sans pourtant prendre un seul exécutif local), inquiètent ses adversaires au plus haut point.

La "dédiabolisation" du FN désormais acquise, il faudra désormais gagner une légitimité, notamment économique, seul moyen de percer ce "plafond de verre" qui empêche jusqu'à présent le FN de concrétiser ses excellents scores au premier tour des élections. La stratégie du FN, basée sur une poignée de propositions chocs (sortie de l'euro, la réduction drastique de l'immigration, la priorité aux Français dans les prestations et la santé ou encore la tolérance zéro sur la sécurité), est désormais ancrée dans le paysage politique. Mais elle semble en contrepartie moins "imprimer" dans l'opinion depuis le début d'année 2016, où les sondages sont plus mitigés. En débutant un tour de France en 2016, Marine Le Pen a entamé une cure médiatique pour mieux se relancer et peaufiner un programme qui est encore en rodage. Le 16 novembre 2016, elle est sortie de cette parenthèse pour participer à l'émission "Une ambition intime" sur M6, commenter la primaire de la droite et fustiger son nouvel adversaire François Fillon, inaugurer son local de campagne, juste à côté de l'Elysée, et dévoiler son logo : une rose bleue (photo).

Candidat du centre : François Bayrou ?

François Bayrou, futur candidat à la présidentielle ?
François Bayrou, futur candidat à la présidentielle ? © Henri Collot/SIPA

Au centre de l'échiquier politique, la situation des candidatures semble encore des plus floues. Le président du MoDem, François Bayrou, soutenait Alain Juppé tout en restant en dehors de la primaire de la droite, qu'il a vertement critiquée, tant la rupture avec le parti de Nicolas Sarkozy est importante.  François Bayrou a déclaré publiquement que le programme de François Fillon , vainqueur de cette primaire, était "dangereux". Il pourrait donc de nouveau concourir, comme il l'a rappelé sur France 2 fin 2015. Il deviendrait alors le "doyen de l'élection", celui qui a le plus participé à la présidentielle parmi les candidats en lice. Dans une interview mi-juillet 2015 à Valeurs Actuelles, il se voyait d'ailleurs comme "l'un des quatre qui peuvent gagner" en 2017. Il ne cesse depuis de s'avancer à petits pas vers une candidature.

Le maire de Pau a sans doute perdu l'un de ses plus fidèles lieutenant pour cette bataille. Le député centriste des Pyrénées Jean Lassalle s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, à la surprise générale, le 17 mars 2016. Invoquant "humilité et enthousiasme", celui qui s'est "mis en congé volontaire" du MoDem entend représenter une France rurale. Éloigné des orientations stratégiques actuelles de François Bayrou, il estime que "rien n’empêchera" ce dernier "de [le] rejoindre au mois de décembre, quand il en aura fini avec Alain Juppé".

Qui d'autre au centre ?

A l'UDI (Union des Démocrates et indépendants), les liens avec Les Républicains, alliés des dernières départementales et régionales, reste flou. Le parti s'est montré particulièrement agacé par l'hégémonie de son partenaire et a finalement décidé, en mars 2016, par un vote des militants, de ne pas s'associer à la primaire de la droite. Le 20 septembre 2016, sur Europe 1, Jean-Christophe Lagarde a tout de même invité les centristes à aller voter à la primaire. Et le 12 octobre 2016, ce sont 600 élus de la formation centriste qui ont apporté leur soutien à Alain Juppé dans une tribune. Mais il reste quelques zones de flou puisque Hervé Morin (Nouveau Centre) et Yves Jégo (Parti radical) avaient préféré soutenir Bruno Le Maire. Le premier a ensuite opté pour François Fillon, le second pour Alain Juppé. Quant au député Maurice Leroy (Nouveau Centre), il avait choisi Nicolas Sarkozy.

A l'issue de la primaire, Jean-Christophe Lagarde a reconnu que François Fillon était désormais le "candidat légitime" des centristes. Mais les discussions pour les législatives s'annoncent animées. Hervé Morin prône désormais un retrait du Nouveau Centre de l'UDI et la construction d'un mouvement centriste "pilier de la majorité" à l'avenir. Comprendre : totalement "pro-Fillon". Reste que de nombreux militants centristes, y compris à l'UDI, ont choisi de leur côté de soutenir Emmanuel Macron...

Dans ce brouillard aux multiples couches, Rama Yade, ancienne membre du Parti radical et de l'UDI (dont elle a été exclue à la rentrée 2015), s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle le 21 avril 2016 (date symbolique). Désormais sans mandat et sans parti, elle se voit comme la représentante du "recours" et opte pour une campagne "ni de droite, ni de gauche". Elle aurait le soutien de l'Alliance écologiste, le Parti libéral démocrate, le rassemblement éco-citoyen, le Cercle de la diversité et Démocratie 21. Depuis la victoire de François Fillon, elle se présente comme la vraie candidate des centristes... Suffisant pour avoir les 500 signatures d'élus pour se présenter au scrutin d'avril et mai 2017 ?  Affaire à suivre.

Candidat d'Europe Ecologie-Les Verts : Yannick Jadot

Yannick Jadot candidat EELV à l'élection présidentielle
Yannick Jadot candidat EELV à l'élection présidentielle. © CHAMUSSY/SIPA
  • CONTEXTE - Chez les Verts, le principe d'une primaire avec le PS a été accepté sans grand enthousiasme, lors d'un conseil fédéral le 10 avril 2016, puis abandonné. Une primaire d'Europe Ecologie-Les Verts a été organisée entre le 19 octobre et le 6 novembre 2016, via un vote à distance. Surprise, Cécile Duflot a été éliminée dès le premier tour et c'est Yannick Jadot qui l'a emporté.

C'est l'eurodéputé Yannick Jadot qui représentera EELV lors de l'élection présidentielle 2017. Ce dernier, ancien de Greenpeace, a obtenu 54,25 % des voix lors du second tour du vote interne, organisé à distance. Il était opposé à Michèle Rivasi, ancienne de Greenpeace, et députée européenne elle aussi. Yannick Jadot avait annoncé sa candidature à la primaire EELV à la mi-juillet 2016, dans un courrier envoyé au conseil fédéral du parti. Co-fondateur d'Europe Ecologie en 2009, il disait alors son souhait de "rassembler le courant écologiste" lors de l'élection suprême. Il vise désormais "un score à deux chiffres" à la présidentielle et met de côté toute alliance avec le PS à l'issue du scrutin.

Principale figure écologiste, ancienne ministre, Cécile Duflot a quant à elle été éliminée dès le premier tour de la primaire du parti. Selon les résultats dévoilés le 19 octobre 2016. Elle n'a obtenu que 24,41 % des quelques 12 000 suffrages et fini loin derrière les deux finalistes, Yannick Jadot (35,61 %) et Michèle Rivasi (30,16 %). Cécile Duflot avait  longtemps hésité, mais s'était finalement déclarée candidate à la primaire EELV le 20 août 2016 dans un courrier adressé aux adhérents du parti écologiste. Sa défaite prouve qu'elle n'a pas réussi à imposer son leadership à des écolos très divisés. Karima Delli, jeune députée européenne de 37 ans, ancienne membre du collectif "Jeudi noir", qui s'était lancée via un communiqué daté du 23 août, a elle aussi été éliminée avec 9,82 % au premier tour.

Quant à Nicolas Hulot, il a refusé de participer à la primaire EELV et a indiqué le 5 juillet 2016 qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle. Le grand perdant de la primaire de 2011 face à Eva Joly, qui était crédité dans les sondages d'un score entre 9 et 11% des intentions de vote, avait annoncé sur Twitter le fruit d'une mûre réflexion "personnelle", avec moult consultations. Beaucoup d'écologistes (dans et hors EELV, dont Cécile Duflot) poussaient pourtant l'ancien animateur de télévision à se lancer dans la course.

Candidat du Front de gauche : Jean-Luc Mélenchon

  • CONTEXTE - Début janvier 2016, plusieurs personnalités de gauche lançaient un appel à une grande primaire pour 2017. Une initiative assez bien accueillie par plusieurs candidats potentiels, comme Pierre Laurent et Cécile Duflot, beaucoup moins par d'autres, comme Jean-Luc Mélenchon (qui lui a opposé une fin de non recevoir). Cette primaire à gauche n'aura donc pas lieu.
Jean-Luc Mélenchon candidat à l'élection présidentielle
Jean-Luc Mélenchon,  candidat à la présidentielle et Pierre Laurent. © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Au Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris tous ses adversaires et même ses partenaires par surprise en se déclarant officiellement candidat à la présidentielle le 10 février 2016 sur TF1. Au grand dam de ses alliés du Front de gauche, le PC en premier lieu, qui ont ouvertement regretté que le chef du Parti de gauche ne joue pas "collectif". Mais sa campagne pour la "France insoumise" débute bien, boostée par l'opposition à la loi Travail, la "chienlit" de la gauche de gouvernement, et la percée d'une droite dure, incarnée à la fois par François Fillon et Marine Le Pen. Le hérault du Parti de gauche dispose depuis le printemps 2016 de sondages flatteurs (entre 12 et 16 % des intentions de vote) et dépasse même François Hollande dans beaucoup d'entre-eux (lire ci-dessus). Reste pour lui à obtenir les 500 signature. Une gageure.

Mais dans ce combat, Jean-Luc Mélenchon a déjà gagné une bataille clé : il a réussi à être soutenu par le PCF, encore gros pourvoyeur de militants et d'élus. Le Secrétaire national du PC Pierre Laurent, inquiet de la multitude de candidatures à la gauche du PS, avait appelé son parti à soutenir le frère ennemi dès la fin octobre. Lors d'un vote le 5 novembre 2016, les cadres du PCF s'y étaient fermement opposés, votant à une large majorité pour une candidature communiste. Mais l'alliance entre le PCF et le candidat de "La France Insoumise" a finalement été actée par les 50 000 militants du PC qui ont donné leur avis à leur tour, à la fin du mois de novembre. Après des européennes calamiteuses et des départementales et régionales difficiles, ils ont décidé de gommer les tensions, votant à 53,6% pour le soutien à Mélenchon. C'est donc, à quelques détails près, à un retour du "Front de gauche" (Parti de gauche + PCF) que l'on assiste, avec le député européen à sa tête.

Les autres candidats

A DROITE, l'ancien député UMP et fondateur de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, s'est lancé dans la course sur TF1 le 15 mars 2016. "Je suis candidat parce que je suis certain que notre pays peut s’en sortir s’il change de politique, si on change de personnel politique. Depuis des années, une minorité gouverne contre la majorité silencieuse des Français." Il  tente ainsi une troisième candidature à l'élection suprême et synthétise ses motivations dans un livre : "France, lève-toi et marche" (Fayard).

Le scénario (encore assez fou) d'une candidature de droite issue de la société civile a aussi fait son chemin. En novembre 2015, l'Express croyait savoir que l'ancien conseiller et journaliste Patrick Buisson, le polémiste Eric Zemmour et l'ancien ministre Philippe de Villiers étaient en train de se concerter pour "dynamiter l'offre politique en 2017", notamment en mettant en avant les thématiques identitaires. Dans un sondage Ifop début novembre 2015, 21% des Français estimaient que le retour de Philippe de Villiers serait utile à la politique. Mais celui-ci a fermé la porte aux spéculations. A la mi-octobre 2016, en marge de la sortie d'un livre choc sur "l'islamisation de la France", Philippe de Villiers a rejeté tout projet politique : "C'est devenu du marketing. La métapolitique a plus d'influence que la politique", a-t-il indiqué à Audrey Crespo-Mara sur LCI. "Priorité à la nouvelle génération", a continué l'ancien ministre qui a exprimé sa préférence pour Marion Maréchal-Le Pen, une "fille qui a des conviction, courageuse et talentueuse".

A GAUCHE, le Parti radical de gauche (PRG), aura aussi son candidat, ou plutôt sa candidate. La participation à la primaire du PS de ce partenaire le plus tenace du gouvernement jusqu'en 2015, a été posée, mais s'est soldée par un non catégorique. Alors que Jean-Michel Baylet, candidat à la primaire en 2011 et nommé au gouvernement en février 2016, reste muet, l'ancienne membre du gouvernement Sylvia Pinel qui dirige désormais le PRG, a annoncé sa candidature à la présidentielle fin novembre. Elle juge la primaire de la gauche comme une "anomalie" . 

A l'extrême gauche, Philippe Poutou a de nouveau été désigné candidat par le NPA le 20 mars 2016. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) s'est quant à elle déclarée candidate à la mi-mars 2016.

Qui d'autre ?

Ovni de la politique française depuis plusieurs années, Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) s'est de nouveau déclaré candidat à l'élection présidentielle à la mi-avril 2016. Il s'agira de sa sixième présidentielle. Christian Troadec, ancien porte-parole des Bonnets rouges et ancien maire de Carhaix, en Bretagne, a annoncé sa candidature à la présidentielle le 8 avril 2016. Des candidatures issues du Parti ouvrier indépendant et de Chasse, pêche, nature et tradition, si elles n'ont pas été concrétisées en 2012, sont toujours possibles en 2017. Gérard Schivardi est déjà en lice. Comme François Asselineau, président de la très à droite Union Populaire Républicaine, pour qui la France doit sortir de l'Union européenne, de l'euro et de l'Otan. Ils ont été rejoints par Alexandre Jardin, le médiatique écrivain, fondateur de l’association "La Maison des citoyens" et du mouvement "Bleu Blanc Zèbre", s'est porté candidat le 3 décembre 2015. Plus d'une vingtaine d'autres "petits candidats" pourraient se lancer, avec des chances minimes d'obtenir les 500 signatures nécessaires.

Non sans provoquer quelques ricanements, l'option Dominique Strauss-Kahn a été un temps évoquée elle aussi. L'ancien directeur du FMI, blanchi dans l'affaire du Carlton de Lille en juin 2015, s'est même permis une entrée fracassante sur Twitter peu après la fin du procès ainsi que des conseils sur la crise grecque. Les sondages ont frémi. Mais le scénario d'un retour semble peu envisageable. Enfin, on ne connait pas encore réellement les intentions Jacques Attali, qui a livré à la rentrée 2015 un livre programme pour les candidats à la présidentielle 2017, et affirmé au détour d'une interview qu'il n'excluait pas de se présenter lui-même. Pour l'instant, il préfère distribuer les bons et les mauvais points à François Fillon, Emmanuel Macron ou encore François Hollande.

Règles de l'élection présidentielle

L'élection présidentielle est une élection au suffrage universel direct depuis 1965 en France. Cette date ne correspond cependant pas la première élection présidentielle de la Ve République, puisqu'en 1958, le Général de Gaulle était le dernier président de la République à être élu au suffrage indirect. Les articles 6, 7 et 58 de la Constitution française fixent les modalités de ce scrutin clé, détaillées par une loi de 1962, l'article LO-127 du code électoral et une loi d'avril 2011 abaissant à 18 ans l'âge minimum de candidature au lieu de 23 auparavant. Depuis 2000 et l'introduction du quinquennat, l'élection présidentielle élit le président de la République pour une durée de 5 ans contre 7 auparavant. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le président ne peut pas être élu plus de deux fois consécutivement.

Dans les règles, l'élection présidentielle est une élection au "suffrage universel uninominal direct". Tous les électeurs de nationalité française, de plus de 18 ans, inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre de l'année précédant l'élection et jouissant de tous leurs droits civils et politiques sont invités à y participer. Les mêmes obligations s'imposent à ceux qui veulent être candidats. Mais de nombreuses autres règles s'imposent aussi à eux.

Le financement de la campagne des candidats est limité. Il ne doit pas dépasser un plafond de 16,851 millions d'euros. Ces règles sont contrôlées par le Conseil constitutionnel (gestion des candidatures, publication de la liste des candidats, proclamation des résultats et de l'identité de l'élu le cas échéant au JO) et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (surveillance des comptes de campagne, validation du remboursement d'une partie des frais par l'Etat le cas échéant sous certaines conditions).

Le temps de parole des candidats est aussi encadré selon des modalités qui ont évolué récemment. Début avril 2016, une loi a en effet été adoptée pour modifier les règles modification lors de la "pré-campagne" ou "période transitoire". Une période d'une vingtaine de jours entre la publication de la liste officielle des candidats et le lundi précédant de deux semaines le premier tour de scrutin. Lors de ce laps de temps, les règles de temps de parole sont modifiées pour passer du "principe d'égalité" à celui "d'équité". Ce implique que les candidats ayant déjà obtenu des scores importants aux précédentes élections disposent de plus de temps que les candidats inconnus ou ayant récolté de plus faibles scores.

Autre règle : les candidats doivent avoir obtenu 500 "parrainages" d'élus (maires) sur les deux tiers du territoire pour pouvoir se présenter. Une règle qui fera l'objet de plus de transparence pour l'élection. Une publication des parrainages des candidats sera mise en place en 2017, pour que les citoyens soient informés de l'éventuel soutien de leur maire à un candidat. Le Conseil constitutionnel publiera une liste complète et actualisée des parrainages de chaque candidat pour éviter les parrainages "fantômes". Auparavant seuls 500 parrainages étaient publiés. Les candidats auront jusqu’au 17 mars 2017 pour transmettre leurs parrainages. la liste complète sera disponible le 20 mars.

Dernière règle importante : les candidats doivent transmettre une déclaration de situation patrimoniale pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. Jusqu’à présent, seul le patrimoine du candidat élu était rendu public à l’issue du scrutin. mais en octobre 2016, le nouveau président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius a indiqué que toutes les déclarations de patrimoine des candidats seront désormais publiées avant le 1er tour par la Haute Autorité de la transparence de la vie publique.

Résultat de la présidentielle

C'est le candidat ayant obtenu la majorité absolue (50 % des voix ou plus) au premier tour qui remporte l'élection présidentielle. Si aucun candidat n'obtient cette majorité, une nouvelle élection est organisée à la majorité simple. Peuvent alors participer au second tour les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Le résultat de la présidentielle est proclamé par le Conseil constitutionnel avant communication des résultats par le ministère de l'Intérieur, mais les premières estimations des instituts de sondages sont autorisées à partir de 20 heures, quand l'ensemble des bureaux de vote ont été fermés à travers la France. Le but de cet embargo jusqu'à 20 heures : ne pas influencer les derniers votants qui pourraient modifier leur choix dans l'isoloir en fonction des premières estimations livrées.

La règle concernant la publication des résultats de la présidentielle est de plus en plus mise à mal avec le développement d'Internet et des réseaux sociaux. Dès 18 heures, des estimations circulent donc dans les rédactions et fuitent parfois dans les médias étrangers, notamment en Belgique, sur des sites qui ne sont pas soumis à la législation française. Le résultat de la présidentielle 2012 avait fait l'objet de nombreux messages codés sur le réseau social Twitter. De quoi amener le législateur à réfléchir à de nouvelles règles ou à un horaire de fermeture commun des bureaux de vote. Début octobre 2016, le nouveau président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius a ainsi indiqué que les bureaux de vote fermeront à 19 heures au lieu de 18 heures pour les précédents scrutin. une dérogation reste possible pour pousser le vote jusqu'à 20 heures, ce qui interdira toute communication concernant les résultats avant cette heure. 2 000 délégués seront désignés par le Conseil début février, parmi les magistrats judiciaires ou administratifs, pour contrôler le bon déroulement du vote.

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 était le suivant :

PREMIER TOUR - François Hollande (PS) : 28,63 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 27,18 % ; Marine Le Pen (FN) : 17,90 % ; Jean-Luc Mélenchon (FG) : 11,10 % ; François Bayrou (MoDem) : 9,13 % ; Eva Joly (EELV) : 2,31 % ; Nicolas Dupont-Aignan (DLR) : 1,79 % ; Philippe Poutou (NPA) : 1,15 % ; Nathalie Arthaud (LO) : 0,56 % ; Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : 0,25 % ; Abstention : 20,52 %.

SECOND TOUR - François Hollande (PS) : 51,64 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 48,36 % ; Abstention : 19,65 %.

Par département

Cliquez sur un département pour trouver une ville