Election présidentielle 2017 : les dates dévoilées [candidats, sondages, résultat]

L'élection présidentielle 2017 aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017 (dates officielles). Les candidatures sont déjà déclarées, les couteaux aiguisés. Le résultat de la présidentielle dépendra d'un long combat et de nombreux paramètres.

[Mis à jour le 4 mai 2016 à 17h37] DERNIERE MINUTE - Les dates du premier tour et du second tour de l’élection présidentielle 2017 viennent d'être dévoilées. C'est le résultat d'une décision du gouvernement, officialisée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors du Conseil des ministres de ce mercredi 4 mai 2016. L'élection aura bien lieu les 23 avril et 7 mai 2017, comme cela était déjà anticipé par plusieurs médias, dont Linternaute.com dans cette page. Les résultats de la présidentielle seront communiqués le soir même de chaque tour de scrutin, les dimanches 23 avril et 7 mai à 20 heures. On connaitra alors le nom du président de la république pour les 5 prochaines années. Les dates des élections législatives ont aussi été communiquées : elles auront lieu dans la foulée de la présidentielle 2017, les 11 et 18 juin 2017. Les sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017.

L'élection présidentielle 2017 est encore loin, mais déjà, elle se prépare dans les différents états-majors politiques. Avec le retour de Nicolas Sarkozy, la préparation de la primaire Les Républicains (ex-UMP) et les tensions toujours vives à gauche, c'est une pré-campagne qui est lancée depuis près de deux ans désormais. Dans un climat extrêmement tendu, avec un contexte économique et social délétère, où la légitimité des dirigeants quels qu'ils soient est de plus en plus contestée, la chronique des stratégies, des manoeuvres, des petites phrases et des peaux de bananes est déjà quotidienne. C'est pourquoi Linternaute.com vous propose d'ores et déjà de faire le point sur l'élection, ses sondages, ses candidats, ses déclarations clés, sa campagne.

L'élection présidentielle 2017 devrait être un scrutin des plus tendus. A gauche, François Hollande, qui semble battu selon les résultats des sondages successifs sur cette présidentielle, lie sa candidature à une baisse du chômage en 2016. Il pourrait avoir à
affronter une primaire à gauche pour 2017, mais aussi une candidature écolo, voire de la gauche de son parti. A droite, malgré une "union nationale" de courte durée et une relative entente avant les élections régionales 2015, les tensions sont redevenues palpables et pourraient donner lieu à un combat destructeur cette année, lors de la primaire prévue en novembre. Alain Juppé semble le favori des sondages, mais Nicolas Sarkozy croit encore en ses chances, malgré un retour en demi-teinte. Au FN, dans ce contexte, c'est le nom de Marine Le Pen qui est dans la bouche de tous les commentateurs. La patronne du Front national, officiellement candidate depuis le 8 février 2016, semble assurée de figurer au second tour de la prochaine présidentielle. Au centre, François Bayrou ne cache désormais plus ses intentions de se présenter si l'élection devait faire intervenir les mêmes acteurs qu'en 2012, à savoir François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Election présidentielle : derniers sondages*

3 mai 2016 : Juppé ultra-dominateur de la primaire (Odoxa)

Selon un sondage Odoxa pour BFMTV et le Parisien, Alain Juppé reste ultra-dominateur dans la course à l'investiture des républicains pour 2017. Le maire de Bordeaux relègue le président du parti Nicolas Sarkozy à 17 points dans les intentions de votes de 7000 Français (dont 1660 certains d'aller voter). Il s'imposerait par 41% des voix contre 24%. Bruno Le Maire résiste, mais semble avoir stoppé sa progression impressionnante des dernières semaines. Malgré un sursaut, François Fillon reste loin quant à lui. Au second tour, Alain Juppé l'emporterait par 63% contre 37% face à Sarkozy, 66% contre 34% face à Le Maire et 72% contre 28% face à Fillon. Lire sur le site d'Odoxa

3 mai 2016 : image forte pour Bruno le Maire (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour la Fondation Concorde et Public Sénat, Bruno Le Maire dispose d'une image forte mais contrastée, avec des traits saillants comme le dynamisme (58% des sondés) et le courage (53%). Mais les Français ne sont que 40% à juger qu'il comprend bien les problèmes des Français ou qu'il est capable de tenir ses engagements. L'ancien ministre de l'Agriculture est en tout cas crédité d'une certaine sincérité dans sa course à l'Elysée, 58% des sondés estimant qu'il souhaite servir le pays. Lire sur le site d'Ifop

3 mai 2016 : Hollande fragile chez les jeunes (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour l’Anacej, François Hollande subit la défiance des jeunes, priorité affichée en 2012. Ils sont aujourd'hui 48% à indiquer qu'ils participeront à la prochaine présidentielle, dans un an tout juste, la majorité des abstentionnistes affichant un mécontentement vis-à-vis des partis ou regrettant des candidats qui ne défendent pas leurs idées. Côtés intentions de vote, François Hollande ne recueillerait chez les 18-25 ans qu'entre 12 et 15% des intentions de votes. Les candidats les plus appréciés par les jeunes semblent être le candidat des Républicains (21% pour Nicolas Sarkozy et entre 26 et 29% pour Alain Juppé) et surtout Marine Le Pen (27 à 31% selon les scénarios). Lire sur le site de l'Ifop

2 mai 2016 : partis et responsables politiques inintéressants (Harris)

Selon un sondage Harris Interactive, 50% des Français estiment que les partis politiques sont nécessaires, mais jusqu'à 40% affirment au contraire que leur existence est une mauvaise chose. Ils sont jusqu'à 41% à juger leurs propos inintéressants, en particulier pour le PS et les partis de gauche (18 à 12% jugeant leurs propos intéressants). Pour 60% des sondés, leur rôle devrait être de faire émerger des mesures et pour 49% de nouvelles idées. Seuls 31% des sondés jugent les propos des responsables politiques intéressants. Lire sur le site d'Harris

29 avril 2016 : le FN gagne du terrain sur les idées (Odoxa)

Selon un sondage Odoxa pour iTélé et Paris Match, le Front national continue de progresser sur le terrain des idées avec désormais un tiers des Français se disant "souvent" en accord avec ses propositions contre 19% en 2002. Le FN reste cependant largement rejeté par une majorité des Français. Autre donnée intéressante de ce sondage : environ 60% des sondés indiquent que la situation du pays ne serait "pas pire" si Marine Le Pen se trouvait à l'Elysée à la place de François Hollande. Lire sur le site d'Odoxa

28 avril 2016 : "Hé oh la Gauche !" ne séduit pas (YouGov)

Selon un sondage YouGov, l'initiative de Stéphane Le Foll, ministre de proche de François Hollande, pour vanter son bilan, ne séduit pas. La réunion "Hé oh la Gauche !" n'est jugée utile que par 18% des sondés. L'institut a par ailleurs mesuré le souhait de candidature de François Hollande parmi les Français. Ils sont 74% à se dire défavorables à ce que François Hollande, Président sortant, soit candidat à l'élection présidentielle de 2017. Lire sur le site de YouGov

27 avril 2016 : Juppé et Marine Le Pen qualifiés (INTENTIONS DE VOTE - Elabe)

Selon un sondage Elabe pour Les Echos, Alain Juppé est crédité de 39% des voix à la présidentielle en cas de candidature de François Hollande. Le maire de Bordeaux écraserait l'actuel chef de l'Etat, à seulement 15% d'intentions de vote. Il baisserait à 38% contre Manuel Valls et 36% en cas de candidature d'Emmanuel Macron. Il obtient dans tous les cas de meilleurs scores que Nicolas Sarkozy s'il était choisi à sa place. Marine Le Pen se qualifierait aisément au second tour dans tous les cas de figure avec un score au premier tour oscillant entre 23 et 28,5%. Lire sur le site d'Elabe

25 avril 2016 : Valls et Macron, double handicap de Hollande (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour le JDD, seuls 30% des sondés considèrent Manuel Valls comme un atout pour François Hollande à 12 mois de la prochaine présidentielle. Pour Emmanuel Macron, la proportion descend à 29%. Les deux ennemis du gouvernement seraient donc des poids pour le président de la République aux yeux de l'opinion. Au Parti socialiste, les sympathisants affichent cependant une analyse légèrement différente. Manuel Valls serait un atout pour 45% des sondés contre 40% pour Emmanuel Macron. Lire sur le site de l'Ifop

25 avril 2016 : Macron superstar (Odoxa)

Selon un sondage Odoxa pour AirBNB, près de 70% des Français parlent de politique en voyage et ils sont les plus nombreux (30%) à déclarer qu'Emmanuel Macron est le ministre chez qui ils aimeraient vivre quelques jours. Un autre sondage pour BFMTV et Challenge le 21 avril indiquait que Macron était pour les sondés le numéro 1 des personnalités politiques libérales. Dans ce palmarès, le ministre de l'Economie recueillait 56% de votes devant Alain Juppé (55%) et Nicolas Sarkozy (53%). Lire sur le site d'Odoxa

25 avril 2016 : Juppé à 37% d'intentions de vote à la primaire (Ifop)

Selon un sondage Ifop pour Valeurs Actuelles, environ 10% des citoyens inscrits sur les listes électorales se déclarent prêts à aller voter à la primaire de la droite en novembre, soit environ 4 millions d'électeurs. Alain Juppé est crédité de 37% des intentions de vote au premier tour, loin devant Nicolas Sarkozy à 26%, François Fillon, qui reprend la troisième place à 15% et Bruno Le Maire à 12%. Chez les seuls sympathisants des Républicains, Juppé et Sarkozy sont au coude-à-coude avec respectivement 36 et 35% des intentions de vote. Lire sur le site de l'Ifop

*Sont comptabilisés ici tous les sondages sur la présidentielle et ses candidats, hors baromètres mensuels.

Voir tous les sondages de la présidentielle

Les dates de l'élection présidentielle de 2017

Les dates de l'élection présidentielle de 2017 sont désormais officiellement connue. Elles ont été fixées, en Conseil des ministres au 23 avril 2017 pour le premier tour et 7 mai 2017 pour le second. Les dates des élections présidentielles sont généralement annoncées lors d'une communication en Conseil des ministres, suivie d'un décret, puis sont validées par le Conseil constitutionnel. La règle, fixée par l'article 7 de la constitution, est claire : l'élection présidentielle doit avoir lieu au minimum 20 jours avant l'expiration du mandat du président de la République en fonction.

L'élection peut être organisée jusqu'à 35 jours avant la fin du mandat. François Hollande ayant pris ses fonctions le 15 mai 2012, celles-ci prendront fin au plus tard le 14 mai 2017 à minuit. Le premier tour ne pouvait donc avoir lieu qu'entre le 10 avril et le 24 avril 2017. Le scrutin devant être organisé un dimanche (loi du 6 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République et article L. 55 du code électoral) et le second tour "le quatorzième jour suivant le premier", seules une poignée de dates étaient envisageables : les 16 et 30 avril ou les 23 avril et 7 mai 2017. C'est la seconde option qui a été choisie.

Election présidentielle 2017 : les candidats

Les candidatures sont déjà en train de s'affiner et, pour certaines, sont d'ores et déjà déclarées par le biais d'une candidature aux primaires.

Juppé, Sarkozy, Fillon : les candidats Les Républicains

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Légende par défaut ©  Linternaute.com
  • CONTEXTE - A l'UMP, devenue Les Républicains début juin 2015, la situation reste précaire malgré les victoires lors des départementales et régionales. Les leaders des "Rép" semblent toujours profondément divisés. Entre Nicolas Sarkozy, élu à la tête du parti avec 64,5% en novembre 2014, son ancien Premier ministre François Fillon, le grand favori des sondages Alain Juppé, ou encore Bruno Le Maire et tant d'autres qui pourraient vouloir jouer leur carte, il semble que le combat de la primaire, qui se profile à la fin de l'année 2016, pour désigner un candidat, soit de nature à laisser des traces durables.

Nicolas Sarkozy, président du parti depuis novembre 2014, devrait vraisemblablement être candidat. On voit mal en tout cas l'ancien chef de l'Etat se contenter des seconds rôles à la présidentielle après son retour en politique en 2014. Le sujet n'a pas encore été clairement abordé par l'intéressé qui a multiplié les indices en avril 2016. Mais le changement de nom et de statuts du parti, adoptés en mai 2015, visaient à en faire une "machine de guerre" pour 2017. Nicolas Sarkozy a sorti fin janvier 2016 "La France pour la Vie" (Plon), véritable inventaire de son quinquennat et base d'une future campagne.

Mais il devra composer avec les affaires (il est mis en examen depuis la mi-février dans l'affaire Bygmalion et ses écoutes ont été validées dans une affaire de trafic d'influence le 22 mars 2016), avec une popularité sur une pente dangereuse depuis la fin 2015, et avec Alain Juppé qui s'est déclaré candidat à la primaire depuis le 20 août 2014. Le maire de Bordeaux fait aujourd'hui figure de grand favori pour cette primaire dans les sondages, comme pour l'élection. Il s'est clairement lancé dans la bataille mi-2015 avec la sortie d'une série de livres programmes. Une nouvelle vague de ces livres déferle depuis avril 2016 tandis que le maire de Bordeaux est en plein tour de France pour sa campagne.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, a déclaré le 9 mai 2014 qu'il serait candidat "quoi qu'il arrive" et ne semble pas avoir changé de ligne depuis. Il a réédité son souhait de concourir le 16 avril 2015 sur BFMTV et a sorti à la rentrée 2015 "Faire", un ouvrage présenté comme un manifeste pour 2017. Il est passé à l'offensive au printemps 2016 avec des séries de propositions ambitieuses, notamment sur l'emploi. Ce trio est complété par Bruno Le Maire, dont l'annonce de la candidature, le 23 février 2016, coïncide avec la sortie d'un livre (encore un) : "Ne vous résignez pas !" (Albin Michel). Il est lui aussi devenu un concurrent sérieux avec les 30 % obtenus le 30 novembre 2014 face à Nicolas Sarkozy lors de l'élection du président de l'UMP. Et dans les sondages, Bruno Le Maire fait déjà figure de troisième homme de la primaire, surpassant déjà largement François Fillon.

Ces quatre favoris pourraient très vite être concurrencés par une cinquième personnalité de taille chez les Républicains : Nathalie Kosciusko-Morizet s'est portée candidate, sur TF1, le 8 mars 2016, date de la Journée de internationale des femmes. Elle a également sorti un ouvrage, "Nous avons changé de monde" (Albin Michel), pour dévoiler à son tour sa vision pour la France. La rupture de l'ancienne ministre de l'Environnement avec Nicolas Sarkozy et nombre de cadres de son parti est en tout cas consommée depuis son exclusion de la direction des Républicains après ses critiques de la stratégie adoptée lors des régionales 2015.

Les challengers

Derrière ce quintet très attendu, les déclarations de candidatures se sont intensifiées début 2016. Libéré de l'épée de Damoclès qui pesait sur lui dans l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé s'est quant à lui déclaré candidat à la primaire dès qu'il a été assuré de ne pas être mis en examen. L'annonce a été faite le 14 février 2016, juste après la sortie de son livre "Le sursaut français" (Stock). Il avait été précédé de quelques jours par l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre, qui a quant à lui annoncé sa candidature à la primaire le 21 janvier 2016, dans un courrier envoyé aux maires, revendiquant porter un projet différent.

Chez les autres challengers, Nadine Morano s'est elle aussi déclarée candidate. L'eurodéputée LR l'a annoncé sur RMC le 4 septembre 2015, quelques jours avant de lancer sur France 2 que la France était "un pays de race blanche", provoquant un tollé jusque dans son camp. Jean-Frédéric Poisson, président du parti chrétien-démocrate et député LR des Yvelines, a lui choisi Valeurs Actuelles le 17 septembre pour annoncer qu'il se présentait à la primaire. Il représentera le Parti chrétien démocrate de Christine Boutin. Hervé Mariton, député LR de la Drôme, a officialisée sa candidature dans un entretien au Figaro le 21 septembre 2015, espérant être "la bonne surprise" de cette primaire. Geoffroy Didier, proche de Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy s'est à son tour déclaré candidat à la primaire le 30 mars 2016, à la surprise générale. Enfin, le député-maire (LR) de Maison-Laffitte Jacques Myard s'est déclaré candidat à la primaire le 5 avril 2016 et se voit comme la voix souverainiste de ce scrutin.

Ils ont jeté l'éponge

Le maire de Nice Christian Estrosi était lui aussi candidat à la primaire LR depuis le 13 mai 2014. Une candidature confirmée sur iTélé le 25 novembre 2014 puis sur LCP en mars 2015. Mais il a annoncé qu'il renonçait après sa victoire aux régionales en PACA, où il a devancé Marion Le Pen. Un autre ancien ministre a lui aussi jeté l'éponge : Xavier Bertrand, qui s'était déclaré candidat dès le 16 septembre 2012, mais s'est lui aussi retiré de la course après son élection en Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Laurent Wauquiez, élu en Auvergne, Rhône-Alpes et bombardé par Nicolas Sarkozy à la direction des Républicains après les régionales, ne devrait pas se lancer lui non plus, lui qui craint que la primaire ne tourne à une "compétition malsaine".

Un temps évoquée, la candidature de la très populaire Christiane Lagarde, qui est depuis juin 2011 à la tête du Fonds monétaire international, a été définitivement écartée par l'intéressée qui a indiqué dans Paris Match vouloir se consacrer au FMI fin janvier, avant d'être reconduite dans ses fonctions à Washington. Un sondage Harris Interactive pour La Parisienne en septembre 2015 indiquait pourtant que 50% des Français en faisaient "une bonne présidente" potentielle.

  • Une primaire ouverte au centre sera organisée les 20 et 27 novembre 2016, les candidats devront tous être déclarés le 9 septembre 2016 et bénéficier du soutien de 20 parlementaires, 2 500 adhérents et 250 élus pour participer. Pour participer à la primaire, le président des Républicains devra démissionner de ses fonctions. Le candidat choisi à la primaire deviendra le chef du parti selon les règles fixées. La liste des prétendants n'est pas encore complète, mais beaucoup ont déjà pris position.

Hollande, Valls : les candidats du PS

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Légende par défaut ©  Linternaute.com / Solfé communication
  • CONTEXTE - Au Parti socialiste, la situation est suspendue au choix de François Hollande, qui sera peut être contraint au retrait, si sa popularité ne se redresse pas en 2016 et surtout si les résultats économiques restent absents d'ici à la fin du quinquennat. Mais c'est toute la gauche qui souffre, avec lui, d'un rejet important des Français. Le PS de son côté a acté le 10 avril 2016 l'organisation d'une primaire en  décembre. Mais rien n'oblige le chef de l'Etat sortant à y participer...

François Hollande a plusieurs fois indiqué qu'il ne serait candidat en 2017 que si le chômage baissait d'ici là. Un engagement réitéré sur France Inter le 19 février 2016. Le chef de l'Etat tente désormais de défendre son bilan. Il a semblé, depuis la rentrée de janvier 2015, se lancer dans une vaste campagne de communication. Visites de terrain, parfois surprises, voeux combatifs à la télévision, interviews  exceptionnelles, confessions sur ses "erreurs", documentaires "en coulisses", discours de candidat comme début mai 2016... François Hollande semble avoir placé 2016 sous le signe de la reconquête, ce qui lui vaut des accusations de faire campagne aux frais de l'Elysée. Tout en lançant une réforme du travail , dernière cartouche du quinquennat qu'il qualifie "d'audacieuse", mais qui provoque le tollé à gauche, il a entamé une séquence d'explication voire de promotion des chantiers déjà réalisés, n'échappant pas au passage obligé de l'autocritique, notamment sur sa politique contre le chômage.

Si le président sortant est candidat à la présidentielle, ce qui est fort probable selon certains proches, le PS pourrait marcher derrière lui. Mais il pourrait aussi se diviser. L'organisation d'une primaire, inscrite dans les statuts du parti, a été confirmée le 10 avril 2016. Mais ses contours restent très flous. Jean-Christophe Cambadélis a rappelé qu'il souhaitait la participation de François Hollande, qui fait toujours face à une fronde d'anciens ministres et d'une poignée de députés de sa majorité. Dans le règlement du parti, rien n'oblige pourtant le chef de l'Etat sortant à s'y soumettre. Sa candidature ferait désormais douter jusqu'à certains hollandais historiques. 

Si Hollande n'y allait pas...

On le sait, les rivaux déclarés ou non du président sortant sont nombreux. Alors que Ségolène Royal et Laurent Fabius semblent se placer hors du jeu, Manuel Valls semblait être le favori à gauche à moins de 2 ans de l'élection. Le Premier ministre a d'ores et déjà indiqué qu'il se rangerait derrière François Hollande, "candidat naturel" pour 2017. Mais un cas de force majeure peut encore le pousser à se lancer dans la course et certains socialistes semblent déjà certains qu'il sera candidat, à la suite d'un abandon de François Hollande. Chouchou des sondages et régulièrement catalogué comme l'instrument de François Hollande contre Manuel Valls, Emmanuel Macron s'est invité dans les candidats "souhaitables" dans les sondages ces derniers mois. Il serait même désormais le favori des candidats de la gauche, depuis le lancement de son mouvement "En Marche !" en avril 2016. Le ministre de l'Economie préparerait un programme pour entrer dans le jeu.

Martine Aubry, qui a déjà émis des déclarations peu amènes sur la politique du gouvernement avant de se rallier à la motion A pour le congrès du PS en juin 2015, reste aussi une prétendante potentielle sérieuse. Opposée au gouvernement sur de nombreux sujets (récemment la déchéance de nationalité), elle souffre cependant d'une popularité faible et a été ces dernières semaines bousculée dans la fédération du Nord, puissante division du PS. Elle indique que 2017 ne fait pas partie de "ses projets". Quoiqu'il en soit, l'aile gauche du PS se cherche un leader pour la primaire à venir. Sur les rangs, on pourrait trouver Christiane Taubira, qui a claqué la porte du gouvernement le 27 janvier 2016 après son désaccord avec la ligne sur la déchéance de nationalité. L'ancienne ministre de la Justice a laissé entendre dans une interview aux Inrocks qu'elle pourrait prendre part à l'élection en affirmant qu'elle "ne fuira pas sa part".

Chez les déçus du hollandisme, on trouve aussi Benoît Hamon, qui a repris sa liberté depuis son départ du gouvernement à l'été 2014 et entend bien l'exploiter. Il a déjà explicitement ouvert la porte à une candidature à la primaire pour représenter la gauche du PS. Il aurait le soutien de Martine Aubry, qui le préfère à Marie Noël Lienemann, la sénatrice qui a déjà dit qu'elle se lancerait "s'il y a une primaire de gauche autour du PS ou si François Hollande décide de se présenter en tant que candidat socialiste". D'aucuns prédisent aussi un retour d'Arnaud Montebourg, qui a claqué la porte du gouvernement en août 2014 et reste pour l'instant en retrait de la politique (il est entré au conseil d'administration d'Habitat). Ce dernier s'est rappelé à plusieurs reprises au bon souvenir des socialistes et préparerait sa campagne en secret. Le Canard Enchainé notamment explique que l'ancien ministre est en plein plan de bataille, mobilisant ses réseaux et affinant sa stratégie pour un retour qu'il espère fracassant. Une information confirmée par le Figaro en avril 2016 qui indiquait que Montebourg avait déjà ses thèmes  de campagne, son calendrier et son équipe…

Des options peu probables

Chez les outsiders, le député de la Nièvre Christian Paul, désigné chef des frondeurs et premier signataire de la motion B, vaincue lors du congrès de juin 2015, reste une option, bien que peu probable. En avril, tandis que le principe d'une primaire était confirmé au PS, il lançait qu'il "y aura plusieurs socialistes" candidats à la primaire (voire au premier tour en 2017). A l'opposée, l'option Dominique Strauss-Kahn a été un temps évoquée. L'ancien directeur du FMI, blanchi dans l'affaire du Carlton de Lille en juin 2015, s'est même permis une entrée fracassante sur Twitter peu après la fin du procès ainsi que des conseils sur le crise grecque. Les sondages ont frémi. Mais le scénario d'un retour semble peu envisageable.

Marine Le Pen : candidate du FN

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Marine Le Pen © Projet - site du FN

Reconduite par un plébiscite à la fin novembre 2014 à la tête du FN et auréolée de sa percée aux dernières élections, Marine Le Pen semble lancée vers une qualification au second tour de la présidentielle en 2017. La présidente du Front national s'est officiellement portée candidate le 8 février 2016 sur TF1. Elle est ainsi devenue le premier ténor à se lancer dans la bataille. Les succès de son parti aux municipales puis aux européennes, au Sénat, et enfin aux départementales et aux régionales en 2015, où le Front national a démultiplié le nombre de ses élus (sans pourtant prendre un seul exécutif local), inquiètent ses adversaires au plus haut point.

Il reste néanmoins pour Marine Le Pen a solder définitivement le cas "Jean-Marie Le Pen", exclu du FN en août 2015, après avoir multiplié les provocations, mettant à mal la stratégie de "dédiabolisation" entamée en 2011. Il faudra aussi se relever d'une défaite cinglante dans le Nord après le retrait du PS au second tour et trouver le moyen de percer ce "plafond de verre" qui empêche jusqu'à présent le FN de concrétiser ses excellents scores au premier tour des élections. La stratégie du FN, basée sur une poignée de propositions chocs (sortie de l'euro, la réduction drastique de l'immigration, la priorité aux Français dans les prestations et la santé ou encore la tolérance zéro sur la sécurité), est désormais ancrée dans le paysage politique. Mais elle semble en contrepartie moins "imprimer" dans l'opinion en ce début d'année 2016, où les sondages sont plus mitigés. Entamant un tour de France en 2016, Marine Le Pen devrait suivre une cure médiatique pour mieux se relancer et peaufiner un programme qui est encore en rodage.

Bayrou : un candidat du centre ?

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François Bayrou © Linternaute.com

Au centre de l'échiquier politique, la situation des candidatures semble encore des plus floues. Le président du MoDem, François Bayrou, pourrait se présenter à l'élection. Dans une interview mi-juillet 2015 à Valeurs Actuelles, il se voyait d'ailleurs comme "l'un des quatre qui peuvent gagner" en 2017. Il ne cesse depuis de s'avancer à petits pas vers une candidature. Mais il est a priori exclu qu'il participe à la primaire de la droite et du centre organisée par les Républicains tant la rupture avec le parti de Nicolas Sarkozy est importante et tant il exècre ce type de compétition, donnant selon lui "la prime aux grandes gueules" et "aux plus radicaux".

Mais après avoir appelé à voter François Hollande avant le second tour en 2012, François Bayrou pourrait mener à bien une nouvelle alliance en 2017. On le sait : le maire de Pau est très proche de celui de Bordeaux, Alain Juppé. Les deux hommes s'apprécieraient tant qu'un ralliement de François Bayrou à la candidature de Juppé, voire d'un ticket commun du patron du MoDem avec le candidat LR est envisagé. Mais il faudra pour ce faire qu'Alain Juppé remporte la primaire à laquelle il participera de son côté. Le 11 octobre 2015, dans le "Grand Rendez-vous" Europe 1, iTélé, Le Monde, François Bayrou appelait même de ses voeux un rapprochement entre Juppé et Fillon. Mais le 17 avril 2016, après plusieurs spéculations, il a coupé court à toute idée de Pacte avec l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. En cas de victoire d'un autre candidat de droite que Juppé, François Bayrou pourrait de nouveau concourir, comme il l'a rappelé sur France 2 fin 2015, et devenir le "doyen de l'élection", celui qui a le plus participé à la présidentielle parmi les candidats en lice.

La concurrence de l'UDI, mais pas que

Le maire de Pau a sans doute perdu l'un de ses plus fidèles lieutenant pour cette bataille. Le député centriste des Pyrénées Jean Lassalle s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, à la surprise générale, le 17 mars 2016. Invoquant "humilité et enthousiasme", celui qui s'est "mis en congé volontaire" du MoDem entend représenter une France rurale. Eloigné des orientations stratégiques actuelles de François Bayrou, il estime que "rien n’empêchera" ce dernier "de [le] rejoindre au mois de décembre quand il en aura fini avec Alain Juppé".

Qui d'autre au centre ? Dans la nouvelle formation politique de l'UDI (Union des Démocrates et indépendants), la retraite de Jean-Louis Borloo pour des raisons de santé (puis pour d'autres projets) a laissé un vide. Après une séquence de querelles fortes entre les différentes composantes de ce mouvement (Rama Yade s'est accrochée avec Laurent Hénard pour le leadership du Parti radical. Hervé Morin, du Nouveau centre, a accepté de mauvais gré la victoire de Jean-Christophe Lagarde qui a pris la présidence de l'UDI en novembre 2014), les départementales et les régionales ont semble-t-il acté un rapprochement durable avec Les Républicains.

Mais le parti s'est montré particulièrement agacé par l'hégémonie de son partenaire lors des régionales et l'UDI a finalement décidé, en mars 2016, de ne pas s'associer à la primaire de la droite. Quid donc d'une candidature concurrente à la fois de celle des Républicains et d'une éventuelle épopée de Bayrou ? Elle dépendra peut être d'un nouvel accord, plus avantageux, entre l'UDI et LR pour les législatives qui suivront.

Dans ce brouillard aux multiples couches, Rama Yade s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle le 21 avril 2016 (date symbolique). Désormais sans mandat et sans parti (elle a été exclue de l'UDI à la rentrée 2015), elle se voit comme la représentante du "recours" et opte pour une campagne "ni de droite, ni de gauche". Elle aurait le soutien de l'Alliance écologiste, le Parti libéral démocrate, le rassemblement éco-citoyen, le Cercle de la diversité et Démocratie 21. Suffisant pour avoir les 500 signatures d'élus pour se présenter au scrutin d'avril et mai 2017 ?  Affaire à suivre.

Duflot, Mélenchon, Dupont-Aignan : les autres candidats

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Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon. © Linternaute.com
  • CONTEXTE - Début janvier 2016, plusieurs personnalités de gauche lançaient un appel à une grande primaire pour 2017. Une initiative assez bien accueillie par plusieurs candidats potentiels, comme Pierre Laurent et Cécile Duflot, beaucoup moins par d'autres, comme Jean-Luc Mélenchon (qui lui a opposé une fin de non recevoir) et François Hollande (qui a fait la sourde oreille). Cette primaire à gauche, encore incertaine bien qu'acceptée officiellement par EELV, pourrait être à géométrie variable. A droite aussi, plusieurs personnalités sont sur les rangs.

Chez les Verts, le principe d'une primaire avec le PS a été accepté sans grand enthousiasme, lors d'un conseil fédéral le 10 avril 2016.  Cécile Duflot, qui a déjà indiqué se préparer à l'échéance de 2017, a évité de participer au vote et EELV ne semble pas enclin à soutenir n'importe quel candidat socialiste s'il est choisi, surtout s'il s'agit de François Hollande. Après les errements des dernières élections présidentielles (Mamère, Lipietz, Voynet, Joly), la candidature de l'ancienne ministre du Logement, sortie du gouvernement avec pertes et fracas dès le printemps 2014, semble très probable. Cécile Duflot tente pourtant péniblement d'imposer son leadership à des écolos très divisés, avec une ligne anti-gouvernementale que tous ne partagent pas. Pour preuve : l'entrée de trois d'entre eux au gouvernement le 7 février 2016.

En devenant ministres, Emmanuelle Cosse, jusqu'ici dirigeante d'EELV, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili, qui avaient claqué tous les deux la porte du parti à l'été 2015, ont littéralement fait imploser EELV. Après des départementales et des régionales calamiteuses, faute de stratégie claire (les écologistes ont été jusqu'à s'allier avec le Front de gauche dans plusieurs régions), la présidentielle se présente donc sous de mauvais auspices. Cécile Duflot, qui élaborerait secrètement un programme avec des spécialistes, pourrait avoir du mal à rassembler les 500 parrainages nécessaires à une candidature. On murmure qu'elle penserait déjà à la présidentielle de... 2027.

Reste l'option Nicolas Hulot, grand recalé du remaniement effectué début février par François Hollande, qui n'a cessé de prendre de l'ampleur ces dernières semaines. Chez les écologistes (dans et hors EELV), on pousserait l'animateur, battu par Eva Joly en 2012, à se lancer dans la course. Invité d'Europe 1 le 30 mars 2016, il a coupé court à toute idée de candidature. Après son échec de 2011 face à Eva Joly, il ne souhaite pas répéter l’expérience. Quant à son "envie" d'être candidat, Hulot répond par la négative. En tout cas pour l'instant. A la mi-avril 2016, un sondage Harris le créditait d'un score entre 9 et 11% des intentions de vote.

En novembre 2015, Daniel Cohn-Bendit se disait lui même "prêt à réfléchir à [se] présenter à la primaire à gauche". Sa candidature semble pour l'instant très peu probable. Il soutien Nicolas Hulot. Noël Mamère, qui soutient ardemment une candidature de Nicolas Hulot, pourrait lui aussi se lancer si son poulain renonçait.

A la gauche de la gauche

Au Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris tous ses adversaires par surprise en se déclarant officiellement candidat à la présidentielle le 10 février 2016 sur TF1. Au grand dam de ses alliés du Front de gauche, le PC en premier lieu, qui ont ouvertement regretté que le chef du Parti de gauche ne joue pas "collectif". Malgré son discours rassembleur et la lutte contre Marine Le Pen qu'il présente comme une "urgence", Mélenchon pourrait partir en 2017 avec beaucoup moins de soutiens qu'en 2012. Reste que sa campagne débute bien. Le hérault du PG dispose au printemps 2016 de sondages flatteurs (entre 12 et 16% des intentions de vote) et talonne même François Hollande dans plusieurs d'entre eux.

Après des européennes calamiteuses et les départementales et régionales de 2015 difficiles, les tensions de Mélenchon avec le parti de Pierre Laurent sont importantes voire irréconciliables. Ce dernier, Premier secrétaire du Parti communiste, n'exclut plus d'être lui-même candidat à une primaire à gauche.

A l'extrême gauche, Philippe Poutou a de nouveau été désigné candidat par le NPA le 20 mars 2016. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) s'est quant à elle déclarée candidate à la mi-mars 2016.

A la droite de la droite

A droite, Nicolas Dupont-Aignan, ancien député UMP et fondateur de Debout la France, s'est lancé dans la course sur TF1 le 15 mars 2016. "Je suis candidat parce que je suis certain que notre pays peut s’en sortir s’il change de politique, si on change de personnel politique. Depuis des années, une minorité gouverne contre la majorité silencieuse des Français." Il  tente ainsi une troisième candidature à l'élection suprême et synthétise ses motivations dans un livre : "France, lève-toi et marche" (Fayard). Il a déjà indiqué qu'il ne participerait pas à la primaire de la droite.

Le scénario (encore assez fou) d'une candidature de droite issue de la société civile fait aussi son chemin. Selon l'Express début novembre, l'ancien conseiller et journaliste Patrick Buisson, le polémiste Eric Zemmour et l'ancien ministre Philippe de Villiers seraient en train de se concerter pour "dynamiter l'offre politique en 2017", notamment en mettant en avant les thématiques identitaires. Selon un sondage Ifop début novembre, 21% des Français estiment que le retour de Philippe de Villiers serait utile à la politique.

Qui d'autre ?

Ovni de la politique française depuis plusieurs années, Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) s'est de nouveau déclaré candidat à l'élection présidentielle à la mi-avril 2016. Il s'agira de sa sixième présidentielle. Christian Troadec, ancien porte-parole des Bonnets rouges et ancien maire de Carhaix, en Bretagne, a annoncé sa candidature à la présidentielle le 8 avril 2016. Enfin, on ne connait pas encore les intentions Jacques Attali, qui a livré à la rentrée 2015 un livre programme pour les candidats à la présidentielle 2017, et affirmé au détour d'une interview qu'il n'excluait pas de se présenter lui-même. Des candidatures issues du Parti ouvrier indépendant et de Chasse, pêche, nature et tradition, si elles n'ont pas été concrétisées en 2012, sont toujours possibles en 2017. Plus d'une vingtaine d'autres "petits candidats" pourraient se lancer, avec des chances minimes d'obtenir les 500 signatures nécessaires.

Election présidentielle : les règles du scrutin

L'élection présidentielle est une élection au suffrage universel direct depuis 1965 en France. Cette date ne correspond cependant pas la première élection présidentielle de la Ve République, puisqu'en 1958, le Général de Gaulle était le dernier président de la République à être élu au suffrage indirect. Les articles 6, 7 et 58 de la Constitution française fixent les modalités de ce scrutin clé, détaillées par une loi de 1962, l'article LO-127 du code électoral et une loi d'avril 2011 abaissant à 18 ans l'âge minimum de candidature au lieu de 23 auparavant. Depuis 2000 et l'introduction du quinquennat, l'élection présidentielle élit le président de la République pour une durée de 5 ans contre 7 auparavant. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le président ne peut pas être élu plus de deux fois consécutivement.

Dans les règles, l'élection présidentielle est une élection au "suffrage universel uninominal direct". Tous les électeurs de nationalité française, de plus de 18 ans, inscrits sur les listes électorales avant le 31 décembre de l'année précédant l'élection et jouissant de tous leurs droits civils et politiques sont invités à y participer. Les mêmes obligations s'imposent à ceux qui veulent être candidats. Mais ils doivent en sus avoir obtenu 500 "parrainages" d'élus (maires) sur les deux tiers du territoire, publier une déclaration de situation patrimoniale et posséder un compte de campagne.

De nombreuses règles s'imposent aussi à eux, notamment quant au financement de leur campagne, qui ne doit pas dépasser un plafond de 16,851 millions d'euros. Ces règles sont contrôlées par le Conseil constitutionnel (gestion des candidatures, publication de la liste des candidats, proclamation des résultats et de l'identité de l'élu le cas échéant au JO) et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (surveillance des comptes de campagne, validation du remboursement d'une partie des frais par l'Etat le cas échéant sous certaines conditions).

Le temps de parole des candidats est aussi encadré selon des modalités qui ont évolué récemment. Début avril 2016, une loi a en effet été adoptée pour modifier les règles modification lors de la "pré-campagne" ou "période transitoire". Une période d'une vingtaine de jours entre la publication de la liste officielle des candidats et le lundi précédant de deux semaines le premier tour de scrutin. Lors de ce laps de temps, les règles de temps de parole sont modifiées pour passer du "principe d'égalité" à celui "d'équité". Ce implique que les candidats ayant déjà obtenu des scores importants aux précédentes élections disposent de plus de temps que les candidats inconnus ou ayant récolté de plus faibles scores.

Autre modification : une publication des parrainages des candidats devrait être mise en place, pour que les citoyens soient informés de l'éventuel soutien de leur maire à un candidat.

Résultat de la présidentielle : ce qu'il faut savoir

C'est le candidat ayant obtenu la majorité absolue (50 % des voix ou plus) au premier tour qui remporte l'élection présidentielle. Si aucun candidat n'obtient cette majorité, une nouvelle élection est organisée à la majorité simple. Peuvent alors participer au second tour les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Le résultat de la présidentielle est proclamé par le Conseil constitutionnel avant communication des résultats par le ministère de l'Intérieur, mais les premières estimations des instituts de sondages sont autorisées à partir de 20 heures, quand l'ensemble des bureaux de vote ont été fermés à travers la France. Le but de cet embargo jusqu'à 20 heures : ne pas influencer les derniers votants qui pourraient modifier leur choix dans l'isoloir en fonction des premières estimations livrées.

La règle concernant la publication des résultats de la présidentielle est de plus en plus mise à mal avec le développement d'Internet et des réseaux sociaux. En France en effet, tous les bureaux de vote ne ferment pas à la même heure, certains étant ouverts jusqu'à 18 heures, d'autres à 19 heures et les derniers enfin, dans les grandes villes, jusqu'à 20 heures. Dès 18 heures, des estimations circulent donc dans les rédactions et fuitent parfois dans les médias étrangers, notamment en Belgique, sur des sites qui ne sont pas soumis à la législation française. Le résultat de la présidentielle 2012 avait fait l'objet de nombreux messages codés sur le réseau social Twitter. De quoi amener le législateur à réfléchir à de nouvelles règles ou à un horaire de fermeture commun des bureaux de vote.

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 était le suivant :

PREMIER TOUR - François Hollande (PS) : 28,63 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 27,18 % ; Marine Le Pen (FN) : 17,90 % ; Jean-Luc Mélenchon (FG) : 11,10 % ; François Bayrou (MoDem) : 9,13 % ; Eva Joly (EELV) : 2,31 % ; Nicolas Dupont-Aignan (DLR) : 1,79 % ; Philippe Poutou (NPA) : 1,15 % ; Nathalie Arthaud (LO) : 0,56 % ; Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : 0,25 % ; Abstention : 20,52 %.

SECOND TOUR - François Hollande (PS) : 51,64 % ; Nicolas Sarkozy (UMP) : 48,36 % ; Abstention : 19,65 %.

Les résultats de la présidentielle par commune

Résultats de la présidentielle 2012 dans les 50 premières villes de France

Aix-en-Provence
Amiens
Angers
Argenteuil
Aulnay-sous-bois
Avignon
Besançon
Bordeaux
Boulogne-Billancourt
Brest
Caen
Calais
Clermont-Ferrand
Créteil
Dijon
Grenoble
Le Havre
Le Mans
Lille
Limoges
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Montreuil
Mulhouse
Nancy
Nanterre
Nantes
Nice
Nîmes
Orléans
Paris
Pau
Perpignan
Poitiers
Reims
Rennes
Roubaix
Rouen
Saint-Denis
Saint-Etienne
Strasbourg
Toulon
Toulouse
Tourcoing
Tours
Versailles
Villeurbanne
Vitry-sur-Seine

Les résultats de la présidentielle par département

Résultats de la présidentielle 2012 dans les départements

01 - Ain
02 - Aisne
03 - Allier
04 - Alpes-De-Haute-Provence
05 - Hautes-Alpes
06 - Alpes-Maritimes
07 - Ardèche
08 - Ardennes
09 - Ariège
10 - Aube
11 - Aude
12 - Aveyron
13 - Bouches-Du-Rhône
14 - Calvados
15 - Cantal
16 - Charente
17 - Charente-Maritime
18 - Cher
19 - Corrèze
20 - Corse
21 - Côte-D'Or
22 - Côtes-D'Armor
23 - Creuse
24 - Dordogne
25 - Doubs
26 - Drôme
27 - Eure
28 - Eure-Et-Loir
29 - Finistère
30 - Gard
31 - Haute-Garonne
32 - Gers
33 - Gironde
34 - Hérault
35 - Ille-Et-Vilaine
36 - Indre
37 - Indre-Et-Loire
38 - Isère
39 - Jura
40 - Landes
41 - Loir-Et-Cher
42 - Loire
43 - Haute-Loire
44 - Loire-Atlantique
45 - Loiret
46 - Lot
47 - Lot-Et-Garonne
48 - Lozère
49 - Maine-Et-Loire
50 - Manche
51 - Marne
52 - Haute-Marne
53 - Mayenne
54 - Meurthe-Et-Moselle
55 - Meuse
56 - Morbihan
57 - Moselle
58 - Nièvre
59 - Nord
60 - Oise
61 - Orne
62 - Pas-De-Calais
63 - Puy-De-Dôme
64 - Pyrénées-Atlantiques
65 - Hautes-Pyrénées
66 - Pyrénées-Orientales
67 - Bas-Rhin
68 - Haut-Rhin
69 - Rhône
70 - Haute-Saône
71 - Saône-Et-Loire
72 - Sarthe
73 - Savoie
74 - Haute-Savoie
75 - Paris
76 - Seine-Maritime
77 - Seine-Et-Marne
78 - Yvelines
79 - Deux-Sèvres
80 - Somme
81 - Tarn
82 - Tarn-Et-Garonne
83 - Var
84 - Vaucluse
85 - Vendée
86 - Vienne
87 - Haute-Vienne
88 - Vosges
89 - Yonne
90 - Territoire De Belfort
91 - Essonne
92 - Hauts-De-Seine
93 - Seine-St-Denis
94 - Val-De-Marne
95 - Val-D'Oise
971 - Guadeloupe
972 - Martinique
973 - Guyane
974 - La Réunion
975 - Saint Pierre et Miquelon
976 - Mayotte
988 - Nouvelle-Calédonie

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